mercredi 21 juin 2017

R comme Rigaud, mariages manqués et désertion - Challenge AZ

Judith Rigaud, la femme de l'ancêtre directe de ma grand-mère paternelle, est la source de bien des potins généalogiques. Son histoire est difficile à retracée, pas parce qu'il manque de documentation, mais parce que le jugement des généalogistes, les potins et autres fantaisies rendent la différenciation du vrai et du faux difficile.

Je vais faire mon possible pour rapporter les événements de sa vie sans porter (ou rapporter) de jugements et d'opinions.

Marie Judith Rigaud est née vers 1633 à St-Jean-d'Angély, Charente-Maritime. Ses parents sont Élisée Rigaud et Suzanne Dugas. Quand elle a fait la traversée en 1651, elle était âgée de 23 ans. Elle avait été engagée par Marquerite Legardeur, la femme de Jacques Leneuf de la Poterie, pour un contrat de 5 ans.

Les relations entre Judith et ses employeurs se sont dégradés. Il parait qu'une fois elle est entré en colère et avait brisé de l'ameublement. Je n'ai pas eu le temps encore de trouver une preuve dans les archives. Un tel comportement a sûrement été consigné dans les archives judiciaires ou dans les mémoires d'un contemporains.

Quoiqu'il en soit, on sait qu'après trois ans, Judith a voulu briser son contrat de travail. Elle et ses employeurs se retrouvent en cours. Le contrat est brisé, mais Judith doit donné 102 Livres en compensation et les employeurs doivent lui redonner les vêtements qui lui ont été saisi. Je n'ai pas lu le procès-verbal, seulement un résumé. Peut-être que les employeurs ont relatés l'épisode de la colère lors de ce procès...

Le 6 mai 1654, à Trois-Rivières, Judith a uni sa destinée à celle de François Lemaitre dit Lamorille dit Picard, mon ancêtre. La famille s'établit à Trois-Rivières et ont 8 enfants. Les voicis:

Pierre
            B: 2 février 1655 à Trois-Rivières
            M: 8 janvier 1682 à Trois-Rivières avec Marie Anne Chene Lagarenne
            S: 13 août 1711 à Trois-Rivières

François
            B: 9 février 1656 à Trois-Rivières
            M: 7 janvier 1683 à Trois-Rivières avec Marguerite Poulin
            D: 13 mai 1703 à Montréal

Marie Louise
            B: 29 juillet 1657 à Trois-Rivières
            M: 22 janvier 1676 (?), lieu inconnu avec Jacques Passard Delabretonnière
            D: Inconnu

Noël
            N: 24 décembre 1658 à Trois-Rivières
            D: Inconnu

Marguerite
            N: 16 février 1660 à Trois-Rivières
            D:Inconnu

Jean Baptiste
            B: 24 octobre 1661 à Trois-Rivières
            M: 22 novembre 1696 à Montréal avec Catherine Godefroy Devieuxpont
            S: 14 avril 1710 à Trois-Rivières

Marie Marguerite
            N: 23 janvier 1664 à Trois-Rivières
            M: 22 mai 1676 (?), lieu inconnu avec Christophe Gerbeau Bellegarde
            D: Inconnu

Charles
            B: 15 avril 1666 à La Rochelle, Charente-Maritime
            M: 11 octobre 1689 à Montréal avec Madeleine Crevier (Madeleine et Charles sont mes
            ancêtres)
            D: Inconnu

François était maître-tailleur, mais il a aussi essayé de se lancer dans la traite des fourrures. C'était un ivrogne et un joueur, la famille avait beaucoup de dettes. En 1665, Judith retourne en France, seule. La raison qu'elle donne, c'est que le couple voulait établir des relations commerciales en lien avec la traite des fourrures. Quand elle est partie, elle devait être enceinte de Charles. Ce point ne peut pas être prouvé puisque je ne connais pas la date exacte de son départ.

C'est pendant le voyage de Judith que François est mort. On l'a retrouvé assommé et scalpé. Il n'était probablement pas encore mort lorsqu'on l'a retrouvé. L'acte de sépulture est en latin, il est inscrit: "annos natus circiter 35 et miserabiliter trucidatus est sine vela voce interiit". On pourrait traduire par "âgé d'environ 35 ans et mort misérablement sans voix" (ma traduction pardon si erreur). Judith apprends le décès de François à son retour et découvre que celui-ci lui laisse beaucoup de dettes.

Très peu de temps après, elle épouse Jean Therrien de Ponceau dit Duhaime, qui est 12 ans plus jeune que Judith. C'était à Trois-Rivières, le 26 janvier 1667. Avec cet homme, elle a eu deux enfants. Les voicis:

Dominique (garçon)
            B: 6 novembre 1667 à Trois-Rivières
            S: 6 décembre 1667 à Trois-Rivières

Jean Baptiste
            N: 16 mars 1669 à Trois-Rivières
            M: 9 novembre 1700 à Trois-Rivières avec Marguerite Lampron Lacharité
            D: 23 mai 1759 à Nicolet

Et sûrement un troisième...

En automne 1670, Jean laisse Judith pour partir en expédition de traite. À ce moment, Judith est enceinte de Louis Michel Duheme. Le prêtre a inscrit sur l'acte de baptême que Louis Michel était un enfant illégitime. Je crois que c'est une erreur. Jean Therrien était aussi appelé Jean Therrien du Ponceau dit Duhaime. Le nom-dit aurait pu induire le prêtre en erreur. Le baptême a eu lieu à la maison où Judith a accouché. On disait le bébé malade, je ne sais pas s'il a survécu parce que je ne trouve pas sa date de décès. En tout cas, le baptême a sûrement été fait dans l'urgence, l'enfant a été baptisé le 19 mars 1671, mais l'acte a été rédigé seulement le 5 avril 1671.

Jean n'est jamais revenu. On pense qu'il est décédé par accident pendant son voyage. Alors, le 6 octobre 1675, elle s'est marié avec Jean Laplanche à Trois-Rivières. Jean est chirurgien. Je n'ai pas trouvé d'enfants au couple. Il ne resteront pas longtemps ensemble, en juin 1678, Jean retourne en France et meurt là-bas.

En 1679, Judith vit en union libre avec Pierre Cavalier à Montréal. On l'accuse d'avoir déserté la maison familiale pour vivre une relation hors mariage avec Pierre. À ce moment, les gens ne savaient pas que Jean Laplanche était décédé. Quand on vient pour l'arrêter, elle reçoit le procureur et ses hommes avec une fourche. Ils l'ont laissé là, se disant probablement qu'ils iraient la chercher plus tard. Mais Cavalier était déjà en prison et Judith a dû penser que sa cause était perdue d'avance... Elle se sauve.

Même si on ne retrouvait pas Judith, le procès a eu lieu. Le 14 avril 1679, Judith est condamnée à 10 ans d'exil de Montréal. Si elle ose revenir, des châtiments corporels l'attendent. Elle s'est donc établi à Louiseville pour reprendre le commerce de la traite avec ses fils et Joseph Petit dit Bruneau. À partir de ce moment, elle se fait appeler "Madame Rigaud'.

En 1685, elle est retournée en France et s'est mariée une nouvelle fois. Le 6 février 1686, c'est avec Louis Gillet Laplante qu'elle a uni sa destinée, probablement à St-Jean-d'Angély. Elle reviens avec lui en 1689 à Montréal. Son temps d'exil était terminé.

On dit, sans avoir de preuves, qu'elle est décédée à Montréal le 13 mai 1704.


Demain, l'avortement de Marie Anne Sigouin.


Sources:

PRDH
Fichier Origine
nosorigines.qc.ca
les7duquebec.com
la-genealogie-dherve.com
naviresnouvellefrance.net
Judith Rigaud: Has this Interesting New France Women Treates Fairly in Published Articles?; Suzanne Boivin Sommerville; Michigan Habitant Heritage, vol.34, #4, 2013


mardi 20 juin 2017

Q pour Quelquejeu, l'incestueuse - Challenge AZ

Q pour Marie Quelquejeu, accusée d'inceste

Commençons au tout début.

Marie a été baptisée le 9 juin 1644 à St-Parterne en France. Ses parents se nommaient Denis Quelquejeu et Louise Duchesnay et Marie était la cadette de la famille.  La mère de Marie est décédée lorsque celle-ci avait 6 ans. C'était en 1650. Son père, lui est décédé en 1667 ou quelques temps avant. Elle est devenue Fille du Roy. Comme plusieurs autres orphelines comme elle.

Elle a embarqué sur le navire "Saint-Louis" et qu'elle est arrivée à Québec le 25 septembre 1667. Un mois plus tard, le 30 octobre 1667 à Québec, elle a épousé Pierre Rivault et a fondé sa famille. Voici la liste des enfants:

Marie Jeanne
            N: 5 août 1668 à Ste-Famille
            M: 10 novembre 1681 à Québec avec Pierre Dorais
            D: Inconnu

Guillaume
            N: 23 décembre 1670 à Québec
            D: Inconnu

François
            N: 15 février 1673 à Sillery
            M: 27 janvier 1710 à Charlesbourg avec Marie Anne Tessier
            D: Inconnu

Marie Anne
            N: 27 février 1675 à Québec
            M: 26 octobre 1699 à Québec avec Jean Vannet
            D: Inconnu

Pierre
            N: 19 septembre 1678 à Québec
            D: 15 septembre 1680 à Québec

Pierre
            N: 16 septembre 1681 à Québec
            S: 7 février 1703 à Québec

Le 14 mai 1684 sont décédés Pierre Dorais et Marie Quelquejeu, exécutés "par ordre de justice". Pourquoi? Parce ce qu'ils sont accusés d'inceste! Marie aurait même tué un enfant qui serait le fruit de cette union. Mais sont-ils vraiment coupable?

On peut en douter vu la façon dont la justice a été rendue.

D'abord, le jugement a été rendu par l'intendant Jacques de Meulles le 13 mai 1684. Marie et Pierre ont été exécuté le lendemain, ils n'ont pas eu le temps d'exercer leur droit d'interjeter appel.

Ensuite, on remarque l'absence de procès-verbal. Un jugement aussi radical devrait être accompagné d'un procès-verbal mais le document semble n'avoir jamais existé. Donc pas de témoins et pas de preuves de la culpabilité de Marie et Pierre. Pas de traces d'une quelconque enquête non plus. Le jugement semble se baser seulement sur des rumeurs. 

La nouvelle de l'exécution traverse l’Atlantique. En effet, Ruette d'Auteuil a envoyé un mémoire adressé au ministre de la marine Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay (le fils du Grand Colbert). Il a écrit que M. de Meulles s'accaparait tous les procès et faisait ce qu'il voulait, peut importe la procédure à suivre ou la juridiction touchée par la cause. Comme exemple, il cite le jugement et l’exécution de Marie et Pierre. Il a affirmé que de Meulles juge verbalement, ce qui pourrait expliquer l'absence de procès-verbal. 

Le marquis de Seignelay écrit à de Meulles et lui exprime sa surprise de le voir juger des affaires de cette teneur. Il lui a rappelé que c'est au Conseil souverain de s’acquitter de cette tâche. Il l'a ensuite mis en garde, lui indiquant qu'il ne voulait plus que de telles situations se reproduisent. Je trouve la réprimande bien légère puisque deux personnes sont mortes par sa faute et que, si ça se trouve, elles étaient innocentes.

Marie et Pierre ont quand même eu droit à une sépulture dans un cimetière catholique.

Demain, c'est le tour de Judith Rigaud, source de bien des rumeurs chez les généalogiste.

Sources:
PRDH
fichier origine
navire nouvellefrance
migrations.fr
http://sgcf.com/documents/memoire_exemple_no_282.pdf ; La triste fin de Marie Quelquejeu, fille du roi; Mona Rainville, Mémoires de la Société généalogique canadienne-française; vol.65; #4; pp. 323 à 325

lundi 19 juin 2017

P comme Petit, la naufragée - Challenge AZ

P comme Louise Petit Devilliers

Elle est née le 9 février 1711. C'est la fille de Charles Petit Devilliers et Marie Madeleine Gauthier dite Devarennes. Elle a épousée Antoine Busquet le 20 avril 1733 à Montréal. Voici la liste des enfants du couple:

Antoine Etienne
            N: 23 avril 1740 à Montréal
            S: 2 août 1740 à Montréal

Louise Marguerite
            N: 6 mai 1743 à Montréal
            D: 31 octobre 1743 à Montréal

Louise Charlotte
            N: 10 mai 1744 à Montréal
            D: Inconnu

Antoine
            N: 25 février 1746 à Montréal
            D: 1 mars 1746 à Montréal

Malheureusement, on peut voir que leurs enfants sont tous morts très jeune, sauf Charlotte, parce qu'on ne connait pas la date. Mais ce n'est pas de ces drames dont je veux parler aujourd'hui, mais du cauchemar maritime que Louise a vécu.

Louise veut s'en aller en France en 1761. Elle a donc embarqué sur le navire "Auguste" le 15 octobre de la même année. À ce moment, les britanniques viennent de conquérir le Canada et plusieurs membres de la noblesse veulent retourner en Europe. Louise en fait partie. En plus, on sait qu'Antoine est décédé à La Rochelle le 26 septembre 1749. Il était là-bas en qualité de négociant. Louise avait peut-être déjà des contacts là-bas.

Plusieurs incidents se sont produits sur le navire avant son naufrage. D'abord, au tout début du voyage, l'Auguste a perdu une ancre. Il y avait eu une tempête en face de l’île aux Coudres. L'Auguste a dû rester à cet endroit jusqu'à 27 octobre. C'était la première tempête que devait vivre les personnes à bord du vaisseau.

Peu de temps après, le feu s'est déclaré dans la cuisine... À trois reprises! Ces incendies, quoique mineures, ont quand même détruit une bonne part des provisions. L'équipage et les passagers sont alors obligés de manger des biscuits secs. Le pire, c'est que le bateau n'est même pas encore dans l'Atlantique!

Au début de novembre, Mère Nature a fait souffler un vent du nord-est. Des taquets ont été arrachés et des cordages de mâts ont été brisés. Des passagers ont été blessés.
À la sortie du Golfe St-Laurent, une violente tempête s'est déclarée. Elle a durée 3 jours et 3 nuits. Le navire a probablement perdu son chemin. Le capitaine cherchait le détroit de Cabot. Un vent d’est accompagné d’une pluie diluvienne force le navire vers l’île Royale.  Elle était tellement grosse, que le capitaine a dû ordonner à son équipage de faire cap sur Terre-Neuve. De toute façon, il a dû aussi penser que faire le plein de provisions ne serait pas une mauvaise idée. Ensuite, à cause de la tempête, le vaisseau est repoussé vers le Cap-Breton. Le capitaine et l'équipage ne semblait pas posséder de cartes du St-Laurent. La pluie et la mauvaise visibilité ne permettait pas de bien s'orienter, les marins ne connaissaient probablement pas leur position. Le vent était vraiment violent. Un mât s'est cassé et les voiles se sont déchirés.

Voyant la situation se détériorée, le capitaine a ordonné à l'équipage de diriger le bateau vers une anse où se déversait une petite rivière (la baie d'Aspy). C'est à ce moment que l'Auguste s'est échouer sur un banc de sable. Les vagues ont ensuite renversé le flanc. Les naufragés ont été emportés par les flots.

Malgré les efforts fournis, l’Auguste s’échoue sur un banc de sable à 150 pieds (49 mètres) du rivage. Les marins et quelques passagers sont obligés de couper les mâts et les cordages. Le tout devait être vraiment en piteux état. Les vagues ont tourné le navire sur le côté. Ensuite, l’Auguste se brise.

114 passagers et membres de l'équipage sont décédés ce jour-là. Louise en faisait parti. Seulement 7 personnes ont survécu au naufrage. 

Nous savons que ces personnes sont :
Le capitaine (la postérité n'a pas retenu son nom)
M. Laforet, Caporal du Roussillon
M. Monier, Caporal du Béarn
Mlle Étienne, une domestique ou esclave
Pierre (s'il avait un nom de famille, celui-ci est inconnu), lui aussi domestique ou esclave
M. Laforce, soldat
M. St-Luc de la Corne

Le bateau a pris quelques heures avant de couler. Les survivants ont trouvés 114 corps sur la plage, certains démembrés, beaucoup d'entres eux nus. Ils ont fait de leur mieux pour leur offrir une sépulture. Louise à été déclarée décédée le 15 novembre 1761 en mer. C'est une des plus célèbres tragédies maritimes du Canada, avec celle du Titanic et l'Empress of Ireland.

Un document sur l'étude archéologique de l'épave a été publiée. Vous pouvez la consulter en cliquant ici. À la fin du document, il y a des photos prises lors des fouilles et des cartes qui aident a mieux situer le tracé que le navire a emprunté. Une liste des victimes est aussi présente dans le document. Il y a aussi le témoignage de Saint-Luc de La Corne qui y est retranscrit, pour plus qu'un résumé du naufrage.

Je préfère donner des liens plutôt que publier les images pour respecter les droits d'auteur.

Demain, je vous présente Marie Quelquejeu, l'incestueuse.


http://histoire-du-quebec.ca/naufrage-auguste/
http://faculty.marianopolis.edu/c.belanger/quebechistory/encyclopedia/NaufragedelAuguste.html
http://publications.gc.ca/site/eng/28518/publication.html
PRDH
Fichier Origine

samedi 17 juin 2017

O comme Ouidech et son mariage métis - Challenge AZ

O comme Marie Anne Ouidech

Bon j'avoue que pour celle-là j'ai joué un peu avec les calligraphies. Son vrai nom est Marie Anne Winder, mais un prêtre l'avait mal écrit et avait inscrit Ouidech... Au cours des registres, elle se fait aussi appeler Anglaise ou Langlaise. À son deuxième mariage, elle se fait même appeler Dhyberville!

Mais recommençons au tout début.

Marie était une captive anglaise, alors, probablement que Marie n'est pas le prénom que ses parents lui ont donné. Elle aurait séjourné dans quelques villages autochtones et aurait été baptisée par un missionnaire sous le nom de Marie Anne. Seulement, son acte de baptême reste introuvable. Elle serait née vers 1664 en Nouvelle-Angleterre.

Elle a été achetée plus tard par Guillaume Delorimier pour qu'elle devienne son "domestique". C'était le terme utilisé pour désigner un esclave. Guillaume était soldat à Lachine.

C'est chez Guillaume qu'elle rencontre Joseph Panis. Rappelez-vous, je vous ai déjà dit que Panis est un nom de famille souvent donné aux esclaves amérindiens. Joseph a été "à l'emploi" de Guillaume de 1708 à 1720. Il serait né au Nebraska

Le 31 juillet 1708, à Montréal, Marie se marie avec Joseph. Pour l'occasion, il se fait nommer Joseph Riberville. Le nom de Riberville serait-il le nom de son ancien propriétaire? Je ne le sais pas... Mais ils sont restés au service de Guillaume.

Le couple a eu des enfants métis, les voici:

Joseph
            N: 1er décembre 1708 à Montréal (Donc, Marie s'est mariée enceinte)
            M: 14 juin 1745 avec Marie Louise Langlois à Kaskaskia.
            D: Inconnu

Antoine
            N: 3 mars 1710 à Montréal
            S: 24 août 1710 à Montréal

Marie Anne
            N: 25 février 1711 à Montréal
            M: 14 novembre 1737 avec Claude Boyer à Montréal
            D: 15 avril 1773 à Les Cèdres

Marie Angélique
            N: Vers 1715, lieu inconnu
            M: 14 avril 1738 avec Constant Jahan Viens à Montréal
            D: Inconnu

François Guillaume
            N: 9 juillet 1719 à Montréal
            S: 11 août 1719 à Montréal

Marie Josephe
            N: 11 mars 1721
            D: Inconnu


Joseph Riberville est décédé le 23 août 1720 à Montréal. Marie était donc au tout début d'une grossesse puisqu'elle a accouchée de Marie Joseph en mars 1721.

Marie est restée veuve un peu plus d'un an. Le 18 juillet 1722, elle a marié Claude Cécire. La famille de Claude était d'origine française, alors il n'y a pas eu de métissage lors de cet union. Marie était déjà enceinte lors de son mariage avec Claude puisque la première née est arrivée exactement 2 mois après! En tout, le couple a eu 4 enfants. Les voici:

Marie Josephe
            N: 18 septembre 1722
            S: 21 septembre 1722 à Montréal

Claude (masc.)
            N: 8 mars 1724 à Montréal
            D: 8 mars 1733 à Montréal

Marie Josephe
            N: 17 avril 1726 à Montréal
            D: 19 février 1733 à Montréal

Marguerite
            N: 2 novembre 1727 à Montréal
            S: 6 novembre 1727 à Montréal

Marie Anne est décédée le 23 mars 1769 à Montréal

Demain nous parlerons de Louise Petit, la naufragée.

Sources:
PRDH
Deux siècles d'esclavage au Québec; Marcel Trudel et al.; Cahiers du Québec; 2004 (comprend un dictionnaire sur un cd)
mwlandry.ca

vendredi 16 juin 2017

N comme Nau, la noble - Challenge AZ

N comme Catherine Nau de Fossambault

Catherine est à Paris vers 1634. Sa mère s'appelait Catherine Granger et son père Jacques Nau de la Boissière et de Fossambault. Jacques était le trésorier provincial de l'extraordinaire des guerres en Languedoc, conseiller du roi et receveur général des finances. Catherine vient donc d'une famille riche, qui a été anoblie  en 1605.

Mais que devait venir faire une fille de si bonne famille en Nouvelle-France? En fait, elle voulait devenir hospitalière, comme Marie Irwin qui a déjà fait l'objet d'un billet. Cependant, c'est le seul lien qu'elle a avec Marie, parce que Catherine a changé d'idée et s'est mariée!

Son premier mariage a été avec Louis Lauson, Sieur de la Citière. Un homme de son rang! Le mariage a eu lieu le 5 octobre 1655 à Québec et le couple a eu deux enfants malheureusement mort-nés. Un est né et décédé le 10 septembre 1656 et l'autre le 8 novembre 1658. Tous les deux ont été nommés Anonymes, mais on sait que ce sont des garçons.

On croit que Louis est décédé noyé le 5 octobre 1655 à Québec, mais je ne retrouve pas l'acte.

Son deuxième mariage a été avec Jean Baptiste Peuvret dit Dumesnu. C'était un homme très instruit qui est venu dans la colonie en qualité de soldat en 1651. Il a ensuite été le secrétaire du gouverneur Jean de Lauson, notaire et greffier de la Sénéchaussée, procureur fiscal de la Compagnie des Indes Occidentales, greffier en chef et secrétaire du Conseil Souverain et seigneur de Gaudarville. 

Catherine et Jean Baptiste sont entrés en France en 1659 sur le navire nommé Sacrifice d'Abraham pour se marier le 1 février 1660, à St-Sauveur de Bellène. Sur leur acte de mariage il est écrit cette mention: "... procéderont tout de nouveau à leur mariage selon les formes requises par les sts conciles et qu'attendu que le peuple croit qu'ils sont mariés, ils seront dispensées de la proclamation de trois bans." Je trouve la mention assez amusante et suppose qu'un mariage a déjà été célébré en Nouvelle-France. Plus tard, dans le registre de la même paroisse, on peut lire que le couple a eu une fille qui s'appelle Marie. L'acte date du 8 août 1660 et ensuite, plus de traces. Probable que Marie soit décédée en France.

Bref, ils sont revenu dans la colonie en 1661 et y ont fondé leur famille. Voici la liste de leur enfants nés ici:

Denis
            N: 7 octobre 1661 à Québec
            D: Inconnu

Claude Armand
            N: 3 octobre 1664 à Québec
            D: 20 juillet 1686 à Beauport

Alexandre (jumeau de Claude Armand)
            N: 3 octobre 1664 à Québec
            M: 14 février 1696 à Québec avec Marie Geneviève Boutteville
            D: Inconnu

Marie Catherine
            N: 13 janvier 1667 à Québec
            M: 24 février 1683 à Beauport avec Ignace Juchereau Debeauport Duchesnay
            D: 15 février 1739 à Beauport

Jeanne
            N: 13 octobre 1669 à Québec
            D: Inconnu

Catherine est probablement décédée en dehors du Québec en 1655 ou en 1656. Il y a une théorie qui dit qu'elle serait décédée en France.

Demain, Marie Anne Ouidech et son mariage métis


Sources:

L'Ancêtre, Avril-Mai 1999, p.266
PRDH
biographi.ca
nosorigines.qc.ca
genealogiequebec.info
naviresnouvellefrance.net
http://www.marcel-fournier.com

jeudi 15 juin 2017

M comme Marie, l'esclave - Challenge AZ

M comme Marie, l'esclave...

C'est une histoire incroyable est triste que celle de Marie... On ne sait pas beaucoup de choses sur elle sinon que c'est une amérindienne qui a été capturée et vendue à Jean Claude Boucher de Niverville.

Le drame débute en août 1759. Marie travaillait, probablement à aiguiser un couteau. Avec elle, il y avait Marie Josephe Chastelain, âgée de 22 ans et femme de Jean Claude Boucher de Niverville, et Marguerite Cardin, 51 ans et mère de Marie Josephe Chastelain. Pendant que Marie travaillait, Marguerite lui a donné un autre ordre. Marie n'en pouvait plus. Les femmes étaient très sévère et riaient souvent d'elle. C'est alors que, couteau à la main, Marie s'est jetée sur Marguerite et sa fille pour les frapper. Marguerite a reçu un coup en haut de la poitrine et un autre sur l'épaule gauche. Marie Joseph a reçu le coup sur l'épaule droite et a eu des égratignures.

Bien sûr, les femmes ont crié et alarmé les voisins. On s'est occupé des femmes et pendant ce temps, Marie est monté au grenier pour essayer de se pendre. C'est alors que le lieutenant du roi, Nicolas Joseph de Noyelles de Fleuront arrive avec quatre soldats. Ils trouvent Marie et Joseph ordonne à Théodore Panneton de couper la corde. On peut dire qu'ils étaient au bon endroit au bon moment! On fait venir le chirurgien Alavoine qui constate que Marie est encore vivante et lui fait une saignée... Elle survit!

L'affaire est portée au Conseil souverain la journée même. Durant l’interrogatoire, Marie a dit ne pas connaitre son âge et qu'elle est peut-être née dans un village cristinau (amérindien cree de l'Ontario). Selon ses dires, elle avait donné les coups de couteaux pour faire peur aux femmes et non pas pour les tuer. Elle ne pensait pas mériter une punition pour avoir fait mal à ses maîtresses et elle a ajouté que c'est sans peur ni regret qu'elle a voulu mourir. Durant l’interrogatoire, le Conseil a fait appel à Joseph Cavelier, un interprète. Marie ne parlais pas français, seulement la langue des Outaouais! Le fait de ne pas connaitre le français a sûrement été une source de tensions entre l'amérindienne et ses maîtresses...

Le 11 septembre de la même année, on l'avait condamné à être battue, fouettée et marquée de la fleur de lys. On voulait ensuite la bannir de Trois-Rivières à perpétuité et la condamner à 3 livres d'amende. Je me demande bien comment elle aurait pu payer l'amende puisqu'elle était esclave et qu'elle ne possédait rien (en théorie).

C'est là que le procureur Louis Joseph de Tonnancour est intervenu. Il jugeait la sentence trop douce et demanda appel au Conseil souverain. Il s'est sûrement appuyé sur le Code Noir de la Louisianne et des Antilles pour justifier sa requête. Dans ce code, on stipule que ce genre de délit est passible de la peine de mort.

Le conseil a accepté la requête et s'est réuni le 29 décembre 1759. Une nouvelle sentence est donnée, Marie Sauvagesse doit être pendue et exposée 2 heures sur la place du marché! C'est ce qu'ils ont fait. Ensuite, ils ont jeté son corps à la voirie.

Et que s'est-il passé avec Marie Josephe et Marguerite? Elles ont pu suivre leur convalescence sans être dérangées. Après tout, c'était les maîtresses et elles avaient raison de donner des ordres et punir les esclaves récalcitrants...

Complément d'infos:
Lorsqu'on parle d'un amérindien sans nom de famille dans les registres ou autres archives, ont leur donne le nom de Sauvage(esse) ou de Panis. Il arrivait cependant que certains esclaves autochtones portent le nom de famille de leur maître.


Demain, la noble Marie Catherine Nau de Fossambault, la noble


Sources:
genealogiequebec.info
biographi.ca
Morts tragiques et violentes au Canada: 17e et 18e siècles, tome 2; Les Publications Audiovisuelles; Léonard Bouchard; 1982, p.390 et 391
Deux siècles d'esclavage au Québec; Marcel Trudel et al.; Cahiers du Québec; 2004 (comprend un dictionnaire sur un cd)
http://medarus.org/NM/NMTextes/nm_06_01_auto_00lang.htm


mercredi 14 juin 2017

L comme Lefebvre, décédée foudroyée - Challenge AZ

L comme Catherine Lefebvre Lacroix

Catherine est née le 12 juin 1701 à Cap-de-la-Madeleine. Elle était la fille de Jacques Lefevbre dit Lacroix et Marie Anne Leblanc dite Labrie

Le 3 juillet 1724, elle a épousée Joseph Raux à Cap-de-la-Madeleine. Ils se sont établit au même endroit et ont fondé leur famille. Les enfants sont:

Joseph
            N: 10 mars 1725 à Cap-de-la-Madeleine
            D: Inconnu

Joseph Marie
            N: 7 février 1726 à Cap-de-la-Madeleine
            D: Inconnu

Marie Josephe
            N: 17 mars 1727 à Cap-de-la-Madeleine
            D: 31 août 1736 à Cap-de-la-Madeleine

Jean Baptiste
            N: 19 mai 1729 à Cap-de-la-Madeleine
            S: 27 mai 1729 à Cap-de-la-Madeleine

Jean Baptiste
            B: 28 juin 1730 à Cap-de-la-Madeleine
            M: 24 juin 1765 à L'Assomption-de-la-Pointe-de-Montréal-du Détroit (maintenant Windsor, Ontario) avec Amable Jeanne Prud'Homme
            S: Inconnu

Joseph
            B: Juillet 1733 à Cap-de-la-Madeleine
            D: 27 mai 1729 à Cap-de-la-Madeleine

François Xavier
            N: 5 juin 1735 à Cap-de-la-Madeleine
            D: 26 août 1811 à Cap-de-la-Madeleine

Adrien
            N: 5 juin 1735 à Cap-de-la-Madeleine
            M: 19 juillet 1762 avec Marie Josephe Frigon à Bécancourt
            D: 12 juillet 1792 à Bécancourt

Marie Anne
            B: 12 juillet 1736 à Cap-de-la-Madeleine
            D: 2 septembre 1736 à Cap-de-la-Madeleine

Marguerite
            N: 12 juillet 1736 à Cap-de-la-Madeleine
            M: Avant juillet 1773 avec Jean Baptiste Stack, lieu inconnu
            D: Inconnu

On a eu peur pour les jumelles Marie Anne et Marguerite à leur naissance. Sur leur acte de baptême, on indique qu'on les avait ondoyées à la naissance "puisqu'en danger". Il fallait faire vite quand on croyait que le bébé qui venait de naître pouvait mourir. On ne pouvait pas prendre le risque de l'envoyer dans les limbes! On pouvait alors les ondoyés ou les baptisés "sous conditions". C'était un baptême non officiel fait dans l'urgence qui permettait quand même au bébé d'accéder au paradis. Il pouvait arriver q'une sage-femme le fasse si le prêtre n'était pas de le coin. Aucun risque à prendre! Si le bébé survivait, on procédait alors à un baptême en règle. 

Dans le cas des jumelles, le prêtre était là et a pu les ondoyées. L'accouchement était dangereux pour la mère et l'enfant à naître. Comme les jumeaux naissent souvent avant terme, on peut facilement comprendre que l'entourage ait eu peur.

Malheureusement, l'acte qui suit celui du baptême des jumelles est celle de la sépulture de leur mère, Catherine, et de leur sœur, Marie Joseph. Voici comment le prêtre relate l'évènement:

"Ce premier septembre de l'année 1736 ont été inhumés après leur service dans le cimetière de cette paroisse les corps de feue Marie Catherine Lefevre dit La Croix, femme de Joseph Reau habitant, et père de famille de cette paroisse et de Marie Joseph Réau sa fille agée de huit a neuf ans, sa mère de trente six, toutes deux ayant été tuées au tonnerre hier vers les trois heures après midy, personne dailleurs de bonne vie et de bonnes mœurs ce que J'atteste faisant icy les fonctions curiales aussi bien que le Sr St-Pierre Capitaine de cette paroisse.
Signé
P. Nicolas Albert Couturier"

Comble de malheur, le lendemain, c'est au tour de la jumelle Marie Anne d'avoir une sépulture.

Son mari, Joseph, attendra quand même 4 ans avant de se remarier à Bécancour avec Marie-Josephte Leblanc le 12 septembre 1740.


Demain, on parle de Marie, l'esclave indienne qui s'est révoltée.

Sources:
PRDH
nosorigines.qc.ca
genealogiequebec.com
Morts tragiques et violentes au Canada: 17e et 18e siècles, tome 2; Les Publications Audiovisuelles; Léonard Bouchard; 1982, p.347