mardi 8 août 2017

L'impact généalogique de l'exode canadienne-Française du 19ème siècle


C'est une période de l'histoire canadienne qui a eu beaucoup d'impacts sur la vie de nos ancêtres. Elle se situe entre 1840 et 1930 environ. À cette époque, le flux migratoire était énorme... 

Beaucoup de personnes sont allées aux États-Unis pour se faire de l'argent. Certains y sont restés pour de bon, d'autres ont fait le va-et-viens entre le Canada et les Etats-Unis. La situation économique du Canada était difficile et les États-Unis promettaient des bonnes places dans les usines pour un meilleur salaire qu'ici. Beaucoup de québécois ont voulu profiter de l'occasion. 

C'était facile de trouver de l'emploi là-bas, les québécois avaient bonne réputation. On les disait bon travailleurs et surtout, moins enclin à protester sur les conditions de travail et à faire la grève.

C'était des gens seuls, des couples et même des familles qui traversaient les frontières. Le gouvernement et le clergé ont tout fait pour retenir les citoyens: octroie de nouvelles terres à cultiver, diffamations envers ces catholiques qui n'en sont pas vraiment... Parce qu'il n'y avait pas beaucoup d'églises dans ce pays anglophone et que ces personnes allaient être assimilées à la culture protestante...

D'autres croyaient le contraire, ils pensaient que plus de canadiens-français se déplaçaient vers les anciennes terres de la Nouvelle-France, plus les chances étaient grande de pouvoir ré-annexer un jour ces terres au Québec. Une conquête pacifique.

Les québécois se sont bien implantés dans leur nouveaux milieu. Ils ont construit des nouvelles églises catholiques et de nouvelles écoles, bien que le clergé n'ait pas donné beaucoup d'aide, du moins au début. Ils sont sont établis surtout dans le Michigan, Maine, le Vermont, le New Hampshire, le Massachusetts, le Rhode Island et le Connecticut. Une vague moins importante s'est aussi rendue dans le Michigan, le Minnesota, l'Oregon, l'Idaho et l'état de Washington.

Le flux s'est apaisé vers 1930, à cause de la crise économique de 1929. À ce moment, les Etats-Unis a décidé de fermer sa frontière à la migration canadienne. On croit que pendant l'exode, environ 1 million de québécois auraient tenté leur chance chez l'Oncle Sam.

Au point de vue généalogique, ça complique les choses. Si on de la difficulté à trouver le mariage d'un couple, est-ce que c'est parce qu'ils se sont mariés aux États-Unis? Dans certaines familles, on voit des enfants nés aux Etats-Unis et d'autres au Canada, pourquoi ce va-et-vient? Pourquoi certaines de ces familles ont décidé de rester et d'autre non? Pourquoi les registres des passages Canada-États-Unis ne mentionnent pas tout le monde? Certaines personnes sont "disparues" des registres, sont-elle décédées de l'autre côté de la frontière?

C'est une période qui apporte beaucoup de questions et complique la tâche d'un généalogiste. D'autant plus que les archives numériques sont payantes pour la plupart des États. J'ai déjà essayé de chercher un mariage par Ancestry et Family Search. Pour moi, ça n'a pas donné de résultats. Pas plus que mes recherches au Québec et en Ontario. Dans ce cas, si on ne trouve rien nul part, nos suppositions ne s'appuient sur rien.

Si on croit qu'une famille X est partie, disons, dans le Maine, on peut toujours contacter la Société généalogique de l'état. Attendez-vous cependant à payer pour que quelqu'un puisse faire la recherche pour vous. De plus, il n'est pas garanti qu'il y ait une découverte découlant de cette recherche.

Pour plus d'informations sur cette période historique, je vous conseille de suivre les liens de mes sources. C'est une période qui s'étend sur presque un siècle et l'exode a une place importante dans notre histoire.

Exceptionnellement, je ne ferais pas de texte le 16 août prochain. Je pars en vacances! Mon prochain billet sortira donc le 30 août. Ce sera le premier billet d'une série de deux ou trois sur mes découvertes concernant le premier arrivant Frégault (Frigo) en Nouvelle-France, François. C'est le résumé d'environ 5 ans ans de recherches...

Sources:
http://grandquebec.com/histoire/migration-etats-unis/
https://www.erudit.org/fr/revues/haf/1987-v41-n1-haf2377/304520ar.pdf
http://www.levasseur.org/doc/dossiers/200202_Emigration_US_fra.pdf
http://www.mapageweb.umontreal.ca/dessurec/hst2426/Emigration.pdf

mercredi 26 juillet 2017

La famille de Robert Caron et Marie Crevet, mes SOSA 4112 et 4113

Pourquoi chercher un SOSA si loin me direz-vous? C'est simple, à ma dixième Génération (SOSA 514 et 515), je rencontre le couple d'Étienne Caron et Geneviève Tondreau, me ce ne sont pas les premiers représentants de leur familles en Nouvelle-France. J'aime bien me rendre aux premiers. Les premiers Tondreau seront le sujet d'un futur billet.

Donc, je me concentre sur Robert Caron et Marie Crevet (ou Crevel), tous les deux des pionniers.

Commençons avec Marie. Elle est née vers 1621 à Béneauville dans le Calvados (Normandie). Ses parents sont Pierre Crevel et Marguerite Lemercier. Pierre serait décédé avant 1637 et Marguerite en 1637. D'ailleurs, on estime que Marie à débarqué en Nouvelle-France en 1637. Comme le premier contingent de Filles du Roy est arrivé en 1663, on peut affirmer que Marie n'était pas l'une d'entre elles. Cependant, on devait déjà parler d'envoyer des femmes en Nouvelle-France, ou du moins de trouver des moyens d'augmenter la population. Marie était orpheline et avait 16 ans. En plein dans l'âge où on a le goût d'aventure.

Robert, lui sera probablement né en 1612 et il est arrivé en Nouvelle-France en 1635 ou 1636. Certains affirme qu'il aurait pris un bateau appartenant à la Compagnie des Cent-Associés. On ne connait pas le lieu de naissance ni les parents de Robert. L'église de Québec, le lieu de son mariage avec Marie, a brûlé en 1640. Le répertoire a été reconstitué de mémoire, mais le nom des parents de Robert a dû être oublié par celui qui avait écrit la nouvelle copie. La rumeur veut tout de même que Robert soit de Poitou-Charentes.

L'année même de l'arrivée de Marie, 1637, le couple s'est marié. c'était le 25 octobre. Robert a été fermier probablement toute sa vie. Le couple a eu 7 enfants:

Marie
          N: Vers 1638, lieu indéterminé
          M: 28 juillet 1656 à Québec avec Jean Picard
          D: 9 juin 1660 à Québec

Jean Baptiste
          B: 10 juillet 1641 à Québec
          M: 16 novembre 1661 à Château-Richer avec Marguerite Gagnon
          D: 28 décembre 1706 à Ste-Anne-de-Beaupré

Robert
          B: 20 février à Québec
          M: 14 novembre 1674 à Château-Richer avec Marguerite Cloutier
          D: 29 avril 1714 à Ste-Anne-de-Beaupré

Marie Catherine
          N: 23 novembre 1649 à Québec
          M: 30 novembre 1662 à Château-Richer avec Jacques Dodier
          D: 14 juin 1725 à Baie St-Paul

Joseph (mon SOSA 2056)
          N: 19 mars 1652 à Québec
          M: inconnu. Contrat de mariage 23 novembre 1683 avec Isabelle Bernier (mon SOSA 2057)
          S: 6 mai 1711 à Cap-St-Ignace

Pierre
          N: 11 juillet 1654 à Québec
          M: 19 février 1678 à Québec avec Marie Bernier (soeur d'Isabelle Bernier)
          D: Inconnu

Aimée
          N: Vers 1656, lieu inconnu
          M: Avant le 27 octobre 1673, lieu inconnu, avec Noël Langlois Traversy
          D: 4 octobre 1685 à Beauport

Robert a eu sa sépulture le 8 juillet 1656 à Québec. Marie, elle, a vécu 92 ans et a eu sa sépulture le 23 novembre 1695 à Baie-St-Paul. Leur descendance a été nombreuse; le nom de Caron est classé le 21ème nom de famille le plus populaire au Québec.


Le sujet de mon prochain billet sera sur l'impact généalogique de l'exode canadienne-française du 19ème siècle.

Source:
PRDH
Fichier Origine
naviresnouvellefrance.net
https://www.wikitree.com/wiki/Crevet-11
http://lequebecunehistoiredefamille.com/capsule/Caron/genealogie

mercredi 12 juillet 2017

Des Poilus canadiens

Lors de la première guerre Mondiale, les français avaient surnommés leurs soldats de tranchées "Poilus". Le sens du terme poilus avait une double signification. On pense d'abord à la pilosité, mais ça voulait aussi désigner une personne courageuse et virile. 

Jusqu'à vendredi passé, j'ai toujours cru que les canadiens s'étaient rallier sous la bannière britannique. Après tout, le Canada est une monarchie constitutionnelle, ce qui veut dire que le roi ou la reine britannique possède le commandement suprême de l'armée canadienne.

Voilà que j'apprends dans un texte publié dans le Cahier des Dix qu'il y avait aussi des poilus canadiens durant la grande guerre! Quand on y réfléchi un peu, on se dit "Pourquoi pas?"... Le sentiment d'appartenance était probablement ambiguë chez les canadiens français. Doit-on servir sous la bannière britannique ou française? On se sent beaucoup plus proche de ses cousins français que des anglais! 

Du côté politique, le gouvernement avait décidé de limiter l'enseignement en français au deux premières années du primaire et à une heure par jour en 1912. Le règlement était plus ou moins suivi, mais 1916, les inspecteurs ont été plus sévère par la suite. Des grèves de professeurs et d'étudiants éclatent à Ottawa.

En 1917, le gouvernement Borden met la circonscription en place. C'est qu'on manque de volontaires. Les anglais, comme les français, ne sont pas content. Il y avait des raisons économiques, par exemple, on avait besoin des fils dans les champs pour cultiver le blé et continuer à avoir une ferme rentable. 

De fortes manifestations se déclenchent au Québec. C'était en pleine période de mesures de guerre. Il y avait des soldats armés un peu partout dans les grandes villes. De plus, les francophones ont aussi une autre raison d'être choqués. S'ils servent dans l'armée, se sera en anglais. Il n'existait pas de régiments francophones. Sous la pression d'hommes influents, dont Wilfrid Laurier (alors ancien premier ministre du Canada), le fédéral a formé une unité francophone, le Royal 22ème Régiment. 

La manifestation du 1er avril 1918 est sanglante. Des gens s'étaient regroupés à Québec. On tente de disperser les gens, mais sans succès. On envoie la cavalerie pour intimider, ça ne marche pas. On crie (in english please!) à la population de rentrer chez elle. Les gens restent, j'imagine que crier en anglais a juste mis de l'huile sur le feu. On tire alors sur les manifestants qui paniquent. Quatre personnes sont tuées: Honoré Bergeron (49 ans), Alexandre Bussière (25 ans), Edouard Tremblay (23 ans) et Georges Demeules (15 ans). L’événement a aussi fait environ 70 blessés. Cinq d'entre eux était sol
dat, ils ont été blessé par des projectiles lancés par les manifestants.

À la lecture de la situation politique canadienne de l'époque, on comprends mieux les francophones qui ont décidé de s'enrôler dans la Légion Étrangère Française.

Il y a environ 170 000 canadiens français qui ont préféré allez s'enrôler dans la Légion Étrangère de la France. Ça signifie 11% des soldats canadiens qui ont combattus.

Le prochain billet ( 26 juillet): La famille de Robert Caron et Marie Crevet, mes SOSA 4112 et 4113.


Sources:
https://rha.revues.org/7426
http://beta.radio-canada.ca/nouvelle/670350/premiere-guerre-mondiale-consequences-canada-quebec-jean-michel-leprince
https://l-express.ca/bataille-des-epingles-a-chapeaux/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Poilu
http://www.pourquois.com/histoire_geo/pourquoi-surnomme-t-soldats-14-18-poilus-.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89meute_de_Qu%C3%A9bec_de_1918
https://www.erudit.org/fr/revues/cdd/2016-n70-cdd02912/1038746ar/     (Cahier des Dix, n.70, 2016, p. V-436, Les Poilus canadiens durant la Grande Guerre
http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/415254/la-memoire-de-la-grande-guerre-la-guerre-oubliee-des-poilus-quebecois
https://www.franceculture.fr/emissions/sur-les-docks-14-15/14-18-la-grande-guerre-des-canadiens-francais-une-memoire-emmuree

samedi 1 juillet 2017

Post-mortem Challenge AZ 2017

Quelle belle expérience!

Ça bien sûr été difficile à organiser. Je me suis décidée tard, soit environ deux semaines avant le challenge. Mais j'ai adoré mon expérience!

Pour l'année prochaine, j'ai déjà une idée de ma ligne directrice. Je veux m'y prendre plus tôt, question d'voir plus de temps pour la recherche. Bien sûr, la rédaction demande du temps, mais ce n'est rien comparé à la recherche! Il va juste falloir que je me tienne à mon idée, je suis du genre à changer d'idées facilement :) .

Pour la dernière semaine, je me demandais bien si j'allais pouvoir finir dans les temps. Je voulais absolument que mes articles paraissent à la date prévue par le challenge. J'ai l'impression d'avoir passé moins de temps pour peaufiner ces derniers articles. Mais à la fin du compte, je crois que la qualité y était mais que je devenais peut-être plus exigeante sur le produit final. Un autre problème qui se réglera en m'y prenant plus d'avance.

L'expérience m'a aussi redonné le goût d'écrire. J'avoue avoir perdu un peu du feu sacré pendant l'hiver... Il s'était passé pas mal de choses dans ma vie privée et je n'étais pas capable de me trouver du temps (et le goût) d'écrire. Il faut dire que je n'avais pas un lectorat très développé. L'avantage de ce genre de défi est justement d'attirer plus de gens à lire les articles. Avant le défi, j'avais eu environ 1500 visites en un an. Avec le défi, en un mois j'ai eu pas loin de 3550 visites! Environ 2000 lectures en un mois, ça fait chaud au cœur. J'ai eu pas mal d’encouragements (pas tous publiés car beaucoup verbal) et des suggestions pour améliorer l'apparence et le contenu du blog. D'ailleurs, il me fait toujours plaisir d'avoir ces remarques si elles sont constructives, ainsi je peux offrir un blog de meilleure qualité.

J'aimerais à partir de maintenant publier un texte tous les deuxièmes et derniers mercredis du mois. Pour être sûr de ne rien manquer, vous pouvez vous abonner à mon blogue ou une de mes pages Google + (Julie Frégault et Généalogie québécoise). Je pense aussi peut-être me partir une page Facebook juste pour ça, je vous donnerais des nouvelles là-dessus quand elle paraîtra. Si les généathèmes continuent, il y a de bonnes chances pour que j'y participe. Et je peux toujours adapter un sujet à la sauce québécoise...

Encore merci de m'avoir suivi et j'espère que vous continuerez à me lire. J'ai aussi découvert quelques blogs que je suivrai avec joie.

Alors , on se revoit dans deux semaines?


Merci à Céline pour avoir partagé deux de mes billets sur son blog.
Merci aussi à Magenea pour avoir partagé un de mes billets sur son blog.
Merci à Scribavita pour ses beaux commentaires à propos de mon challenge

Cliquez sur leurs noms et faites un petit tour pour voir leur travail, ça vaut la peine!



vendredi 30 juin 2017

Z comme Zachée, Fille du Roy - Challenge AZ

François Zachée (Jachier)

C'est la fille de François Zachée et Claude Millot. Elle est née vers 1655 à St-Barthélemi, Paris, mais baptisée seulement 1669 parce qu'elle était née protestante. Comme on acceptait que des catholiques pour être Fille du Roy, elle a probablement décidé de se faire baptiser plutôt que de feindre être catholique. Son père était maître boursier à Paris, elle devait être habituée à un certain mode de vie.

Elle est probablement arrivée en 1670 sur le navire St-Jean-Baptiste qui était parti de Dieppe. Sur son premier acte de mariage, celui avec Claude de Xaintes (Dessein ou de Saintes), on précise que le père de Françoise est décédé. Ce doit être la raison pour laquelle Françoise est devenue Fille du Roy. Françoise n'avait que 15 ans lors de son arrivée.

C'est le 27 avril 1671 qu'elle se marie avec Claude de Xaintes à Québec. Son mari était un bourgeois et un coutelier (donc fabricant et vendeur de couteau). Avec lui, Françoise va avoir deux enfants:

Louise (Louise de Xaintes est l'objet d'un de mes billets de blog. Cliquez ici)
            N: 26 février 1672 à Québec
            M: 12 janvier 1688 à Québec avec Bertrand Arnaud
            D: 15 février 1705 à Boucherville

Claude (fille)
            N: Vers 1674, lieu inconnu
            M: 28 septembre 1693 avec Charles Demonseignat à Québec
            S: 18 décembre 1702

On ne connait pas la date de décès de Claude, le mari de Françoise. On sait par contre qu'il est décédé en 1685 ou avant puisque le 1er décembre 1685, Françoise s'est remariée avec Antoine Gourdeau dit Beaulieu. C'était encore un mariage avec un homme de la noblesse québécoise. Il était contrôleur à la réception des castors à la ferme du Séminaire de Québec. Malheureusement, il est mort noyé en novembre 1691 à seulement 36 ans. Françoise et lui n'ont pas eu d'enfants.

Ensuite, Françoise s'est mariée une troisième fois. C'était avec un homme de grande influence, René-Louis Chartier, Sieur de Lotbinière. Le mariage à eu lieu le 16 mai 1701. 

René-Louis était entre autre conseiller du Roi. Il était bien positionné au sein du Conseil Souverain et de la milice. Il a été aussi subdélégué de l'intendant de Montréal, codirecteur de la Compagnie du Nord et de la Compagnie de la Colonie.  Il est décédé le 3 juin 1709 à l'âge de 68 ans. Pour une biographie plus complète sur cet homme, cliquez ici.

À l'aide de ses trois mariages, Françoise à su avoir une position sociale enviable et une vie mondaine développée. Elle a pu offrir une qualité de vie à ses filles qui était probablement semblable à celle qu'elle avait eu en France plus jeune. Elle est décédée le 23 octobre 1718 à Québec.

Mon prochain billet sera un post-mortem du Challenge AZ de cette année. Il sortira samedi le premier juillet.

Sources:
http://lesfillesduroy-quebec.org/les-filles-du-roy/listes-et-tableaux/177-les-filles-du-roy-en-un-tableau
http://lesfillesduroy-quebec.org/publications/invitations-a-la-lecture/136-louise-de-xaintes-une-vie-en-nouvelle-france
généalogiequebec.info
PRDH
nosorigines.qc.ca
biographi.ca

jeudi 29 juin 2017

Y comme Yardin, la sage-femme - Challenge AZ

Marie Yardin (ou Hyardin)

Elle est née à St-Germain-L'Auxerrois, archevêché de Paris. Ses parents sont Jean Hyardin et Marguerite Chesné. On sait qu'elle est arrivé en 1668 ou avant, mais on ne sait pas dans quel bateau elle avait embarqué.

Elle s'est mariée le 9 octobre 1668 à Québec. Le couple n'a pas eu le bonheur d'avoir un enfants. Ils auraient pu puisque Pierre est décédé en décembre 1708. Comme Marie est décédée après lui, on peut supposer qu'un des deux était stérile.

Marie a quand même, à sa façon, contribué à la colonisation du territoire par les français en Nouvelle-France. Elle était sage-femme jurée. Les sages-femmes jurées sont des sages-femmes certifiées, approuvées comme étant compétentes. Marie était probablement déjà sage-femme jurée lors de son arrivée à la colonie.

Pour cause de pudeur, on fait appel à la sage-femme plutôt qu'au chirurgien ou médecin qui intervient seulement en cas de complications. La césarienne est une intervention qui est quand même rare.

En Nouvelle-France, les connaissances de sage-femme était souvent transmises de mère en fille. Elles pouvaient être approuvées par la ville, comme à Québec en 1714 avec Simone Buisson. À d'autres places, comme à Boucherville, on devait prêter serment devant le prêtre. D'ailleurs, il était même suggéré aux femmes de s'organiser des élections pour nommer les sages-femmes. Révolutionnaire comme façon de faire!

Les sages-femmes travaillaient de façon bénévole. Mais en 1714, Simone Buisson à commencé à toucher un salaire pour ses services! Ceci avait pour but d'attirer plus de femmes à pratiquer la profession et aider Suzanne à transmettre son savoir. La compétition pour la position était donc plus féroce à ce moment-là.

Les sages-femmes étaient instruites, elles pouvaient signer leurs noms. Se sont des femmes bien mariées et avaient de bonnes mœurs. Elles travaillaient en concert avec les chirurgiens, ils n'étaient pas en compétition. Il devait même avoir une école de sages-femmes en 1754, mais la conquête à empêché la réalisation du projet. C'était des femmes très actives au sein de leurs communautés.

Il n'était pas rare que la sage-femme reste quelques jours chez celle qui venaient d'accoucher. Elle restait pour prodiguer des conseils, faire la lessive, à manger... La femme qui venait d'accoucher devait se reposer. La probabilité de mortalité après la délivrance était assez élevée. La sage-femme était rassurante et aidait le couple à passer à travers l'accouchement et les premiers jours du nourrisson. Son rôle n'était donc pas que médical mais aussi psychologique.

Les sages-femmes pouvaient aussi baptiser les bébés nouveaux-nés si ceux-ci étaient en danger de mort et que le prêtre n'était pas présent. Si le bébé survivait, un baptême plus officiel avait lieu à l'église. S'il mourrait, on avait une garanti qu'il ne soit pas au purgatoire pour l'éternité. C'était du sérieux.

Il arrivait aussi que celles-ci doivent témoigner dans certaines affaires à la cour. C'est une preuve que la sage-femme était quelqu'un de respecté et écouté. Voici quelques exemples où Marie Yardin a dû se rendre en cour pour témoigner:

En 1701 contre Elisabeth Campeau, accusée d'abandon d'enfant.

En 1703, Marie témoigne en tant que sage-femme dans le procès de Louise de Xaintes et Marie Anne Edmond, accusée une après l'autre d'avoir tué un bébé nouveau-né.

En 1705, Marie a témoigné en tant que sage-femme lors du procès de Pierre de Saint-Ours, accusé de rapt et viol sur la personne d'Hélène Celoron.

En 1707, pour attester le mariage de Marie Lamy et Jean Duval. Le registre avait brûler lors d'un incendie. Marie était veuve en 1707 et voulait prouver son mariage avec Duval.

En 1717, dans un procès entre Pierre Ozanne et son épouse Marguerite Girard et Jean Picard et son épouse Madeleine Rapin pour calomnies.

Encore en 1717 lors de la prise en charge d'un enfant abandonné par Catherine Achin, nourrice improvisée et son époux Mathieu Larchevêque.

On le voit, Marie, malgré le fait qu'elle n'a pas eu d'enfants, a eu une vie bien remplie. Elle a eu sa sépulture le 31 mars 1724 à Montréal.


Demain, c'est mon dernier billet du challenge avec Françoise Zachée!



Sources:

http://naviresnouvellefrance.net/html/vaisseaux2/fillesduroi/FillesduroiIL.html
Hélène Laforce "L’univers de la sage-femme aux XVIIe et XVIIIe siècle." Cap-aux-Diamants 13 (1985): 3–6. 
PRDH
https://oraprdnt.uqtr.uquebec.ca/pls/public/gscw031?owa_no_site=374&owa_no_fiche=1
https://www.la-genealogie-dherve.com/articles/challenges/challengeaz-2013/168-sages-femmes-en-nouvelle-france.html

mercredi 28 juin 2017

X comme Xaintes, née riche, décédée pauvre - Challenge AZ

Louise de Xaintes, née riche, décédée pauvre.

Louise de Xaintes (Dessein) est la fille de Claude et Françoise Zachée. C'est la fille d'une Fille du Roy. D'ailleurs, Françoise Zachée sera l'objet de mon dernier billet pour ce challenge.

Mais revenons à Louise. Elle est née le 26 février 1672 à Québec. Son père était coutelier et bourgeois. Louise a grandit dans la haute-société de la Nouvelle-France. Son père étant décédé jeune, Louise a ensuite eu deux beaux-pères. Eux aussi ont fait partie de la bourgeoisie.

Louise a épousé Bertrand Arnaud, un migrant de la France, le 12 janvier 1688 à Québec. À ce moment, Bertrand était un riche marchand. Le couple a plusieurs enfants:

François Bertrand:
            B: 2 avril 1689 à Québec
            S: 27 juillet 1689 à Québec

Louise:
            B: 15 mars 1690 à Montréal
            M: 23 août 1712 à Québec avec Alexandre Rivet
            S: 17 juin 1717 à Québec

Madeleine Charlotte:
            B: 11 février 1692 à Montréal
            M: 16 août 1707 à Montréal avec Robert Depoitiers
            S: 1er novembre 1708 à Montréal

François:
            B: 1er février 1693 à Montréal
            S: 11 mai 1693 à Montréal

Catherine:
            N: 1er avril 1694 à Montréal
            M: 5 août 1715 à Québec avec Jean François Pelletier
            S: Inconnue

Marguerite:
            N: 24 février 1696 à Montréal
            M: 6 septembre 1715 à Québec avec Gabriel Lambert
            S: Inconnue

François Bertrand:
            N: 27 décembre 1697 à Montréal
            S: Inconnue

Nicolas:
            N: 6 juin 1699 à Montréal
            D: 7 juin 1699 à Montréal

Joseph Augustin:
            N: 28 mars 1700 à Montréal
            S: inconnue

Anonyme (sexe inconnu):
            N: 12 janvier 1705 à Boucherville
            D: 12 janvier 1705 à Boucherville


Probablement que Louise a cru pouvoir poursuivre le train de vie auquel elle était habituée en se mariant avec Bertrand. Puis, les affaires ont commencé à décliner. Bertrand a fini par abandonner sa femme, enceinte, pour pouvoir devenir coureur des bois. Mais l'aventure n'a pas payée pas autant qu'il l'aurait voulu. Il revient avec des peaux de mauvaise qualité. Un maigre butin qui ne suffisait pas à payer toutes les dettes que la famille avait contracté.

N'ayant pas beaucoup de moyens, Louise a dû emprunter à sa famille. Il a même fallu qu'elle loue sa maison et s'exile à l’Île Bertrand. C'est là qu'elle a rencontré René Boucher.

Comme Louise et René ne veulent pas faire les frais des ragots, les amants ne se voient que la nuit. Tout va bien, jusqu'à ce qu'on retrouve un nouveau-né mort. Vu les blessures du bébé, on peut facilement supposé un meurtre: gorge tranchée, mâchoire brisée, le crâne fendu... Je vous épargne les détails...

La machine à rumeur s'est emballée. La relation de Louise et René a été mise à jour et Louise est soupçonnée du meurtre. Louise s'en sort, mais René à dû partir de l’Île Bertrand.

Louise meurt le 15 février 1705, suite à son dernier accouchement, un enfant mort-né. Bertrand n'était pas là lors du décès de Louise et du bébé. Quand il est revenu, la maison était vide et il n'y avait plus de femme. Les enfants du couple ont été mis sous tutelle, puisqu'ils étaient encore mineur.

Demain, c'est le tour de Marie Yardin, sage-femme.

Sources:
http://lesfillesduroy-quebec.org/publications/invitations-a-la-lecture/136-louise-de-xaintes-une-vie-en-nouvelle-france
PRDH
http://pistard.banq.qc.ca/unite_chercheurs/description_fonds?p_anqsid=201706261451242086&p_centre=03Q&p_classe=TL&p_fonds=5&p_numunide=840391
http://pistard.banq.qc.ca/unite_chercheurs/description_fonds?p_anqsid=201706261451242086&p_centre=06M&p_classe=TL&p_fonds=4&p_numunide=861379

mardi 27 juin 2017

W comme Waren, l'assimilée - Challenge AZ


W comme Griezel Waren

Elle est la fille de Jacques Waren, d'origine écossaise, et Marguerite XXXX, née en Irlande. Elle est née en 1662, probablement à Barwick en Angleterre. Elle a émigré en Nouvelle-Angleterre après 1680. Elle a épousé Richard Otis dans les colonies anglaises vers 1686 et le couple a eu une fille:

Margaret
             N: 15 mars 1689 à Dover, colonies anglaises
             M: 14 juin 1707 à Montréal avec Louis Lalouette Lebeau
             S: 23 février 1773 dans les colonies anglaises

Le 16 juillet 1689, Griezel se fait prisonnière avec Margaret et les deux enfants de Richard qui étaient issus d'un premier mariage. Ils s'appelaient Rose et John Otis. Les français et leurs alliés amérindiens avaient attaqués le village de Dover. Lors de cette bataille, Richard a trouvé la mort.

Donc, Griezel et les enfants se retrouvent prisonniers et passent quelques années chez les autochtones de la Nouvelle-France. Rose sera rachetée par une famille riche de Beauport. Le nom de la famille n'est malheureusement pas connue. John sera racheté par Jean Barret.

Margaret sera baptisée par un prêtre missionnaire qui lui donnera un nom francophone: Christine. Lorsque sa mère, Griezel, a été rachetée par Paul Lemoyne de Maricourt, Christine a été confiée aux religieuses de l'Hôtel-Dieu de Montréal.

À partir de ce moment, Griezel devient la "domestique" de Paul Lemoyne de Maricourt. Elle se fera baptisée le 9 mai 1693 et à ce moment, elle portera le nom de Madeleine, en l'honneur de sa marraine Madeleine Dupont, l'épouse de Maricourt. Dans son baptistère, on précise qu'elle se faisait appeler Madame Kressel. Le prêtre ne savait probablement pas écrire Griezel. Je trouve ça assez exceptionnel. La plupart du temps, les anglophones perdent leur identité lors du baptême catholique. Habituellement, le nom anglophone n'est pas inscrit sur l'acte et l'ancienne identité se trouve perdue. Qu'on en sache autant sur la vie anglophone de Griezel et sa fille est en soit un petit miracle.

Le 8 septembre 1693, elle est confirmée et le 15 octobre 1693, Madeleine Griezel marie Philippe Robitaille. Ils s'installent sur la rue St-François à Montréal et ont eu plusieurs enfants:

Philippe
             B: 5 février 1695 à Montréal
             D: 17 décembre 1720 à Montréal

Jacques
             B: 29 janvier 1697 à Montréal
             D: Inconnu

Jean
             N: 10 mars 1699 à Montréal
             D: Inconnu

Georges
            N: 18 avril 1701 à Montréal
            D: 19 février 1703 à Montréal

Marguerite
           N: 1 avril 1703 à Montréal
           M: 13 avril 1722 à Montréal avec Jean Baptiste Biron Lafrenière
           D: Inconnu

En mai 1710, Madeleine Griezel reçoit sa nationalité française. On peut voir son nom inscrit sur les lettres de naturalités accordées par sa majesté ici  (il faut cliquer sur voir les images à droite de l'écran).

Madeleine Griezel est décédée le 26 octobre 1750. On la dit âgée d'environ 89 ans, un âge plus que vénérable pour l'époque. Elle est tombée malade quelques temps après le décès de Philippe, le 3 octobre 1740. Elle a passée les 9 à 10 dernières années de sa vie alitée.


PRDH

Family Search
http://www.robitaille.org/Philippe.htm
Sylvie Tremblay "Les quatre frères Robitaille." Cap-auxDiamants25 (1991): 72–72.
http://genealogiequebec.info/testphp/info.php?no=42291
"De la Nouvelle-Angleterre à la Nouvelle-France: 'histoire des captifs anglo-américains au Canada entre 1675 et 1760", Marcel Fournier, Société généalogique canadienne-française, 1992

lundi 26 juin 2017

V comme Viard, la cleptomane - Challenge AZ

Marguerite Viard la cleptomane

Marguerite est née vers 1650 à Brie-Comte-Robert, archevêché de Paris. Ses parents sont Pierre Viard et Catherine Isabelle Noble Lecompte. En 1671, orpheline de père et âgée de 20 ans, elle a pris le St-Jean-Baptiste en 1671. Elle avait avec elle des biens estimés à 300 Livres et un don du roi de 50 Livres.

Elle a signé son premier contrat de mariage le 15 octobre 1671 avec Simon Daveau. Le contrat à rapidement été annulé, elle en a signé un autre le 2 novembre 1671 pour marier Jean-Baptiste Fleuricourt. Celui-là aussi a fini par être annulé.

Elle se marie finalement le 11 octobre 1672 à Québec avec Mathurin Bénard Lajeunesse, un soldat. Le couple s'est établi à Chambly, mais semble s'être promené. Voici les quatre enfants issus du couple:

Marie Jeanne:
            N: 6 janvier 1675 à Boucherville
            M: 2 janvier 1690 à Montréal avec Jean Baptiste Cousineau
            D: 8 mai 1749 à Montréal

Marie:
            N: 7 mai 1678 à Sorel
            M: 31 octobre 1695 à Montréal avec François Gloria
            S: 3 juin 1760 à Pointe-Claire

René:
            N: Vers 1680, lieu inconnu au Québec
            M: 28 juillet 1710 à Montréal avec Marie Anne Gibeau
            D: 24 juin 1733 à Montréal

Marguerite:
            N: 20 octobre 1682 à Contrecoeur
            M: 23 mars 1699 à Montréal avec Mathurin Chartier Lamarche
            D: Inconnu

Mathurin est décédé au alentour de la naissance de sa fille Marguerite, en 1682. Marguerite Viard va se remariée peu de temps après avec Jean Inard dit Provençal, le 1er novembre 1682 à Contrecoeur. C'est à partir de ce moment que Marguerite a commencé à voler.

Le nouveau couple n'a pas eu d'enfants. Ils n'ont d'ailleurs pas resté marié longtemps puisque Jean est décédé seulement deux ans après l'union.

Ensuite, elle s'est mariée avec Joseph Seran dit L'Espagnol le 25 septembre 1684 à La Prairie. Le couple a eu 6 enfants:

Anonyme (garçon):
            N: 6 février 1685 à La Prairie
            D: 6 février 1685 à La Prairie

Jeanne:
            N: 30 mai 1686 à Montréal
            M: 30 octobre 1702 à Montréal avec Jacques Beique Lafleur
            D: 19 mai 1756 à Montréal

Jacques:
            N: 19 septembre 1688 à Montréal
            D: Inconnu

Vincent:
            N: 1er juillet 1691 à Montréal
            D: Inconnu

François Marie:
            N: 2 juillet 1694 à Montréal
            M: 3 janvier 1718 à Montréal avec Marguerite Lafortune
            D: 10 juin 1731 à Montréal

Marie Josephe:
            N: 19 avril 1697 à Montréal
            M: 26 août 1714 à Montréal avec Jean Baptiste Deslandes Champigny
            D: 22 avril 1732 à Montréal

C'est avec Jean Serran que Marguerite s'est forgée une réputation de cleptomane. Le 1er avril 1686, Marguerite et son mari sont emprisonnés pour vol. Jean à été relâché, mais pas Marguerite, soupçonnée d'avoir volé deux juste-au-corps et un bonnet de poil de chien. À ce moment, elle était enceinte de Jeanne. Elle a avoué avoir volé les vêtements quelques mois plus tôt à des soldats pour habiller ses enfants. Elle précise que son mari n'était pas au courant. Il était toujours parti travailler sous contrat et logeait chez les employeurs. On apprend par contre que la famille avait été chassée de La Prairie parce qu'on les soupçonnait de vols!

Marguerite admet aussi avoir volé un dénommé La Rente depuis que la famille s'est établie à Ville-Marie (ancien nom de Montréal). Il y avait une casaque, une dizaine de livres de tabac, une marmite de fer, un sceau, trois chemises, un caleçon, une faux, une paire de souliers, une petite paire de bas, un capot (un pardessus de fourrure), un batte-feu (briquet) et une nappe. elle aurait tout caché dans la forêt, mais quand elle y était retournée, il n'y avait plus rien. Le juge l'a renvoyée en prison.

Pour la faire sortir, Jean a dit qu'elle était faible d'esprit. Il a aussi dit avoir tout essayé pour la guérir de l'habitude de voler, mais n'avait pas vu de résultats. Il a aussi affirmé que la peur de retourner la prison préviendrait surement la récidive. Jean a aussi clamé qu'il avait besoin de sa femme pour prendre soin des enfants. Lui ne pouvait pas le faire parce qu'il devait travailler. Son plaidoyer a fonctionné. On libère Marguerite sous condition: elle doit payer une caution et devait se rendre à la cour chaque fois que la justice le demandait. En tout, elle est restée 18 jours en prison.

Seulement 15 jours après sa libération, les voisins réclament l’expulsion de la ville. Est-ce qu'elle avait encore volé? D'ailleurs, Jean accuse un voisin devant le tribunal. Jean de Patenôtre aurait blasphémé et injurié Marguerite. En plus, il l'aurait roué de coups. Un examen pratiqué par un chirurgien qui confirma la présence de contusion sur la tempe, une sur le nez, une sur le bras droit, une ecchymose  au coin de l’œil droit. Le chirurgien précise que le tout est causé par des coups de poings, des coups de pieds et un bâton.

Selon des témoins de la scène, Patenôtre aurait injurié Marguerite en lui disant qu'elle aurait été mieux d'être une putain plutôt qu'une voleuse. Elle aurait riposté en le traitant de fou, ce qui a provoqué la colère de Patenôtre et celui-ci l'a battu à ce moment. Finalement, la cause se termine à l'amiable et Jean de Patenôtre a payé 72 Livres à Jean Serran.

En septembre 1688, les voisins tentent encore d'expulser la famille de Jean et de Marguerite de Ville-Marie. Ils accusent Marguerite d'avoir volé des fruits et légumes de leurs jardins. Les plaintes et témoignages des habitants du quartier et celui de François Dolier de Casson auront la faveur du juge. Dolier de Casson était un prêtre et supérieur du Séminaire de St-Sulpice. Finalement, la famille est priée de quitter le quartier. On leur donne quand même du temps pour se trouver un nouveau foyer.

Cependant, la guerre entre voisins ne s'arrêtera pas là. Jean Dasny s'en ait pris à Jeanne, 14 ans, l’aînée de la famille.  Il lui a volé des fruits qu'elle transportait pour les vendre au marché. Il aurait aussi attaqué Jeanne. Dasny a été comdamné à passer du temps en prison. Dasny et son père, accusé de complicité, ont dû payer aussi 14 Livres et 7 sols et le remboursement des fruits à la famille de Jeanne.

Finalement, il semble qu'il y a eu une certaine réconciliation entre la famille de Marguerite et les voisins. Ils n'ont pas déménagé. Même que Jean Dasny aurait travaillé pour Serran. De toute façon, Marguerite est-elle la seule responsable de tout ce cancan? Serait-ce aussi parce que les voisins n'avaient pas envie d’accueillir des étrangers dans leur quartier? Serran était d'origine espagnol, peut-être avait-il été victime d'exclusion à cause de ses origines...

Marguerite a eu sa sépulture le 27 décembre 1715 à Montréal.

Demain, nous verrons Griezel Warren, l'assimilée...

Sources:
http://naviresnouvellefrance.net/html/vaisseaux2/fillesduroi/FillesduroiSZ.html
http://histoiresdancetres.com/vaillancourt/joseph-serran-et-marguerite-viard-les-mesaventures-d%E2%80%99un-ancetre-espagnol-et-de-sa-femme/
"Conférence : Marguerite Viard, Fille du roi devenue cleptomane", M. Marcel Myre, revue Dans l'temps, vol. 24, #1
PRDH

samedi 24 juin 2017

U comme Ursule, la petite esclave noire - Challenge AZ

Ursule, l'esclave noire


Il y a avait quelques esclaves noirs en Nouvelle-France. Pas autant que d'autochtones ou de prisonniers(ères) blancs(ches), mais tout de même, il y en avait.

J'ai pris l'exemple d'Ursule, bien que je ne trouve pas beaucoup de choses parce qu'elle est décédée à l'âge de 3 ans seulement. Je peux tout de même parler de son entourage.

Son "propriétaire" s'appelait Charles-Louis Tarieu (14 octobre 1743 - 2 octobre 1811) et sa femme Geneviève Élisabeth Lacorne (28 août 1748 - 30 mars 1817). Chez le couple, il y avait deux autres esclaves noires, Geneviève et Julie. 

Geneviève serait née à Montréal vers 1767. Nous savons qu'elle a séjourné à l'Hôtel-Dieu du 22 décembre 1790 au 15 janvier 1791. Elle y retourne à l'âge de 27 ans du 26 septembre au 26 octobre 1794. Finalement, elle ira une dernière fois du 5 au 24 octobre 1796. Je ne connais pas les raisons de ses hospitalisations.

Il y avait aussi Julie, qui appartenait en réalité à Geneviève Elisabeth. Elle aussi a été hospitalisée pour des raisons inconnues à l'Hôtel-Dieu. La première mention est pour son hospitalisation entre le 6 novembre et le 19 janvier 1803. Elle avait 45 ans. Elle reviens ensuite le 8 juin 1803 et y reste jusqu'à son décès le 10 juin 1803.

Ces hospitalisations prouvent que Charles-Louis et Geneviève Elisabeth prenait un certain soin de leurs esclaves. Ça peut se comprendre, elles étaient d'une grande valeur, puisque les noirs étaient rare, réservés pour une classe de privilégiés Pourquoi? La raison est purement économique. Le voyage pour venir chez nous coûtait chez aux négriers. Plus la distance est longue, moins on peut faire de voyages, donc d'argent. Plus le voyage est long, plus les risques de mortalités augmentent, et on veut le moins de décès possible. Finalement, les anglais sont un bon marché, moins loin, et les esclaves s'y vendent bien et à un prix intéressant qui permet un bon profit.

Venir chez nous aurait probablement gonflé les prix et les négriers avaient peur de ne pas pouvoir tout vendre et faire face à des pertes. Vaut mieux investir dans une valeur sûre: la Nouvelle-Angleterre.

Les français devaient donc s'approvisionner chez anglais, par achat ou par rapt. L'autre méthode était de compter sur la progéniture d'un couple déjà esclaves d'un propriétaire français, comme pour Geneviève et probablement Ursule.

Charles-Louis est né dans une famille esclavagiste. Lui-même en avait trois. Son père Charles-François en avait 6. Ses grands-parents, Pierre-Thomas et Madeleine de Verchères en avait 13! Par contre, ils étaient tous des amérindiens. Peut importe. La possession d'esclave étaient surement, pour eux, une nécessité.

Sources:
Wikipédia
PRDH
Deux siècles d'esclavage au Québec; Marcel Trudel et al.; Cahiers du Québec; 2004 (comprend un dictionnaire sur un cd)


vendredi 23 juin 2017

T comme Talon, prisonnière et au service du vice-roi d'Espagne - Challenge AZ

Madeleine Talon

C'est toute une histoire que celle de Madeleine. Digne d'un téléroman ou d'un film de Spielberg. Son histoire est tellement pleine de rebondissement qu'il serait facile d'en faire un livre. Ici, j'ai essayé de résumer sa vie, étroitement liée avec celle de Cavelier de La Salle.

Commençons par regarder son background généalogique. C'est la fille de Lucien Talon et de Elisabeth (Isabelle) Planteau. Elle est née le 2 novembre 1673 et a été baptisée le lendemain à Québec. Elle était retournée en France avec sa famille avant 1684.

En 1684, René-Robert Cavelier, Sieur de La Salle convainc le roi de partir en Louisianne pour y établir une colonie française. Le roi est convaincu et La Salle se trouve à la tête de quatre bateaux: Le Joly, L'Aimable, La Belle et Le Saint François. La famille de Madeleine est montée à bord d'un de ces quatre navires. Durant le voyage, le cortège s'est fait attaqué par des pirates, Le Saint François a été capturé et déclaré "perte totale". Les trois autres navires ont continués la route, mais les mauvaises cartes et des erreurs de calculs empêchent les matelots de trouver l'entrée du fleuve Mississippi. La Salle aurait d'ailleurs échoué à environ 600 km à l'ouest de l'embouchure, dans la région du Texas. La Salle a dû abandonner L'Aimable qui s'était échoué sur un banc de sable. C'est à ce moment que le Fort St-Louis a commencé sa construction. On renvoi Le Joly, un navire de guerre, en France. La Belle finira par s'échouer et couler, probablement parce que le pilote était ivre.

La Salle essaie en vain de trouver le Mississippi. N'oublions pas qu'il était à 600 km du fleuve! Il ne trouvait pas le cours d'eau, la maladie frappait les colons, des tensions existaient entre la colonie et les amérindiens, les colons étaient victimes de malnutrition... Et on compte plusieurs désertions! Les problèmes se multipliaient, se qui inaugurait rien de bon.


En 1687, La Salle repart en expédition, sa dernière. 16 hommes l'accompagne, dont Pierre, un des frères de Madeleine. Lors de cette expédition, il y a eu une mutinerie. La Salle a été assassiné par ses propres hommes. Plus tard, Pierre a été capturé par des amérindiens.


En 1688, sur les 300 personnes qui étaient parti de France, il ne restait que 20 adultes et quelques enfants. C'est alors qu'une tribu amérindienne Karankawa ont attaqué et massacré tout le monde, sauf 5 enfants qu'ils ont gardés captifs. Madeleine Talon en faisait partie, ainsi que ses frères Jean-Baptiste, Lucien et Robert. L'autre était un garçon du nom de Joseph Bréman.


Les enfants ont été adoptés par la tribu. Ce qui veut dire qu'ils ont probablement été tatoués sur les mains, la figure et les bras. Ils ont dû aussi apprendre à vivre comme des amérindiens Karankawa. 


De Leon, le vice-roi d'Espagne, a entendu parlé d'un campement français au large de la côte et voulait y jeter un coup d’œil. C'est lors de cet expédition que De Leon a trouvé Pierre. Celui-ci a d'ailleurs parlé de ses frères et sa sœur. De Leon a donc trouvé la tribu Karankawa et échangé les enfants contre du tabac et des chevaux. 


Le vice-roi a alors accueilli les enfants dans son palais de Mexico et Madeleine devient une de ses domestiques. Lorsque le vice-roi a fini son mandat, il voulait revenir en Espagne et emmener Madeleine et Robert avec lui. Ses autres frères ont été enrôlés dans la marine espagnole.


Pendant le voyage vers l'Espagne, le navire s'est fait attaquer par les français. Les Talon retournent en France! C'est là-bas que Madeleine a rencontré et marié Pierre Simon en 1699. Marie Maddeleine est revenue en Nouvelle-France avec son mari et son fils Pierre. Le fils a marié Charlotte Bouvier le 10 février 1719 à Charlesbourg.


On ne connait pas la date ni le lieu du décès de Marie Madeleine. Selon le PRDH, ce serait hors du Québec. Est-elle allé dans les colonies plus au sud? Est-elle retournée en France? Si vous avez des infos sur le sujet, n'hésitez pas à nous les partager dans les commentaires!


Demain nous parlerons d'Ursule, l'esclave noire.


Sources:

http://friedman.cs.illinois.edu/genealogy/Talon.htm
https://lesoleildelafloride.com/index.php/fr/faits-divers/fait-francais/1383-la-mort-tragique-de-cavelier-de-la-salle
Wikipédia
http://studylib.net/doc/10025392/eyewitness-to-history-the-amazing-story-of-the-talon
Livre découvertes et établissement des français... de Pierre Margry disponible ici

jeudi 22 juin 2017

S comme Sigouin et son avortement - Challenge AZ

Marie Anne Sigouin (Séguin) et son avortement

Marie Anne est née à Charlesbourg le 21 octobre 1708. Ses parents sont Jean Sigouin et de Marie Louise Dubeau.

Elle était servante et demeurait chez le Sieur Charles Guillemin. Lors de son arrestation, elle avait environ 21 ans et elle était au service de Guillemin depuis environ 5 ans.

Elle est tombée enceinte mais elle n'était pas mariée. On a vu qu'il y avait plus d'enfants illégitimes qu'on le croyait. Certaines filles à marier se laissaient séduire sous promesse de mariages, celles-ci pouvaient donc se marier enceinte ou être abandonnée par l'homme qui s'était sauvé en apprenant la nouvelle... Si on ne cachait pas la grossesse et que des témoins ont vu l'enfant vivant, ou au pire si l'enfant avait eu les sacrements à la naissance parce qu'en danger, la mère n'était pas traduite en justice. Par contre, la femme courait le risque d'être marginalisée et trouver un mari pouvait être plus difficile.

Mais si l'enfant était mort-né sans témoins, ou s'il y avait fausse couche ou interruption voulue de la grossesse, sans que celle-ci ne soit connue du public, la mère pouvait être traduite en justice pour homicide. Peu importe si l'enfant était le produit de l'amour, de l'inceste ou d'un viol. Pour eux, il n'y avait pas de bonnes raisons pour recourir à l'avortement. Ou de ne pas mener sa grossesse (hors mariage) à bien. La médecine de l'époque n'était pas comme aujourd'hui, j'imagine qu'il devait être difficile de différencier l'avortement naturelle d'avec celle qui était volontaire... Ces femmes qui avortaient ou perdaient leur bébés risquait d'être accusée d'avoir "homicidé son enfant"

Marie Anne a subi la question ordinaire et extraordinaire. C'est-à-dire qu'elle a été questionnée sous la torture. On s'est tous qu'à un certain moment, on est prêt à avouer n'importe quoi sous la torture. Je ne sais pas quels ont été les mauvais traitements dont Marie Anne a été victime, mais pour moi, il existera toujours un doute sur la culpabilité d'une personne qui a dû subir pareil traitement. Certaines description de ces questions donne froid dans le dos. Si vous êtes assez fort pour lire les descriptions de certaines de ces pratiques, je vous conseille le livre "La ballade des pendues" de Jean-Claude Castex.

On a accusé Marie Anne d'avoir caché sa grossesse et son accouchement. On l'a aussi accusé d'aussi d'avoir jeté son bébé mort à la mer. Après avoir questionné la suspecte et avoir entendu des témoins, le Conseil Souverain l'accuse et lui impose la peine de mort.

Le 7 mai 1732, Marie Anne a été pendue.

Demain, nous lirons l'histoire de Marie Madeleine Talon, recueillie par le vice-roi du Mexique.

http://www.charleries.net/quebecois.htm
PRDH
http://pistard.banq.qc.ca (Les documents originaux du procès y sont numérisés.)
Morts tragiques et violentes au Canada T.2 : 17e et 18e siècles; Léonard Bouchard; Les Publications Audiovisuelles, 1982


mercredi 21 juin 2017

R comme Rigaud, mariages manqués et désertion - Challenge AZ

Judith Rigaud, la femme de l'ancêtre directe de ma grand-mère paternelle, est la source de bien des potins généalogiques. Son histoire est difficile à retracée, pas parce qu'il manque de documentation, mais parce que le jugement des généalogistes, les potins et autres fantaisies rendent la différenciation du vrai et du faux difficile.

Je vais faire mon possible pour rapporter les événements de sa vie sans porter (ou rapporter) de jugements et d'opinions.

Marie Judith Rigaud est née vers 1633 à St-Jean-d'Angély, Charente-Maritime. Ses parents sont Élisée Rigaud et Suzanne Dugas. Quand elle a fait la traversée en 1651, elle était âgée de 23 ans. Elle avait été engagée par Marquerite Legardeur, la femme de Jacques Leneuf de la Poterie, pour un contrat de 5 ans.

Les relations entre Judith et ses employeurs se sont dégradés. Il parait qu'une fois elle est entré en colère et avait brisé de l'ameublement. Je n'ai pas eu le temps encore de trouver une preuve dans les archives. Un tel comportement a sûrement été consigné dans les archives judiciaires ou dans les mémoires d'un contemporains.

Quoiqu'il en soit, on sait qu'après trois ans, Judith a voulu briser son contrat de travail. Elle et ses employeurs se retrouvent en cours. Le contrat est brisé, mais Judith doit donné 102 Livres en compensation et les employeurs doivent lui redonner les vêtements qui lui ont été saisi. Je n'ai pas lu le procès-verbal, seulement un résumé. Peut-être que les employeurs ont relatés l'épisode de la colère lors de ce procès...

Le 6 mai 1654, à Trois-Rivières, Judith a uni sa destinée à celle de François Lemaitre dit Lamorille dit Picard, mon ancêtre. La famille s'établit à Trois-Rivières et ont 8 enfants. Les voicis:

Pierre
            B: 2 février 1655 à Trois-Rivières
            M: 8 janvier 1682 à Trois-Rivières avec Marie Anne Chene Lagarenne
            S: 13 août 1711 à Trois-Rivières

François
            B: 9 février 1656 à Trois-Rivières
            M: 7 janvier 1683 à Trois-Rivières avec Marguerite Poulin
            D: 13 mai 1703 à Montréal

Marie Louise
            B: 29 juillet 1657 à Trois-Rivières
            M: 22 janvier 1676 (?), lieu inconnu avec Jacques Passard Delabretonnière
            D: Inconnu

Noël
            N: 24 décembre 1658 à Trois-Rivières
            D: Inconnu

Marguerite
            N: 16 février 1660 à Trois-Rivières
            D:Inconnu

Jean Baptiste
            B: 24 octobre 1661 à Trois-Rivières
            M: 22 novembre 1696 à Montréal avec Catherine Godefroy Devieuxpont
            S: 14 avril 1710 à Trois-Rivières

Marie Marguerite
            N: 23 janvier 1664 à Trois-Rivières
            M: 22 mai 1676 (?), lieu inconnu avec Christophe Gerbeau Bellegarde
            D: Inconnu

Charles
            B: 15 avril 1666 à La Rochelle, Charente-Maritime
            M: 11 octobre 1689 à Montréal avec Madeleine Crevier (Madeleine et Charles sont mes
            ancêtres)
            D: Inconnu

François était maître-tailleur, mais il a aussi essayé de se lancer dans la traite des fourrures. C'était un ivrogne et un joueur, la famille avait beaucoup de dettes. En 1665, Judith retourne en France, seule. La raison qu'elle donne, c'est que le couple voulait établir des relations commerciales en lien avec la traite des fourrures. Quand elle est partie, elle devait être enceinte de Charles. Ce point ne peut pas être prouvé puisque je ne connais pas la date exacte de son départ.

C'est pendant le voyage de Judith que François est mort. On l'a retrouvé assommé et scalpé. Il n'était probablement pas encore mort lorsqu'on l'a retrouvé. L'acte de sépulture est en latin, il est inscrit: "annos natus circiter 35 et miserabiliter trucidatus est sine vela voce interiit". On pourrait traduire par "âgé d'environ 35 ans et mort misérablement sans voix" (ma traduction pardon si erreur). Judith apprends le décès de François à son retour et découvre que celui-ci lui laisse beaucoup de dettes.

Très peu de temps après, elle épouse Jean Therrien de Ponceau dit Duhaime, qui est 12 ans plus jeune que Judith. C'était à Trois-Rivières, le 26 janvier 1667. Avec cet homme, elle a eu deux enfants. Les voicis:

Dominique (garçon)
            B: 6 novembre 1667 à Trois-Rivières
            S: 6 décembre 1667 à Trois-Rivières

Jean Baptiste
            N: 16 mars 1669 à Trois-Rivières
            M: 9 novembre 1700 à Trois-Rivières avec Marguerite Lampron Lacharité
            D: 23 mai 1759 à Nicolet

Et sûrement un troisième...

En automne 1670, Jean laisse Judith pour partir en expédition de traite. À ce moment, Judith est enceinte de Louis Michel Duheme. Le prêtre a inscrit sur l'acte de baptême que Louis Michel était un enfant illégitime. Je crois que c'est une erreur. Jean Therrien était aussi appelé Jean Therrien du Ponceau dit Duhaime. Le nom-dit aurait pu induire le prêtre en erreur. Le baptême a eu lieu à la maison où Judith a accouché. On disait le bébé malade, je ne sais pas s'il a survécu parce que je ne trouve pas sa date de décès. En tout cas, le baptême a sûrement été fait dans l'urgence, l'enfant a été baptisé le 19 mars 1671, mais l'acte a été rédigé seulement le 5 avril 1671.

Jean n'est jamais revenu. On pense qu'il est décédé par accident pendant son voyage. Alors, le 6 octobre 1675, elle s'est marié avec Jean Laplanche à Trois-Rivières. Jean est chirurgien. Je n'ai pas trouvé d'enfants au couple. Il ne resteront pas longtemps ensemble, en juin 1678, Jean retourne en France et meurt là-bas.

En 1679, Judith vit en union libre avec Pierre Cavalier à Montréal. On l'accuse d'avoir déserté la maison familiale pour vivre une relation hors mariage avec Pierre. À ce moment, les gens ne savaient pas que Jean Laplanche était décédé. Quand on vient pour l'arrêter, elle reçoit le procureur et ses hommes avec une fourche. Ils l'ont laissé là, se disant probablement qu'ils iraient la chercher plus tard. Mais Cavalier était déjà en prison et Judith a dû penser que sa cause était perdue d'avance... Elle se sauve.

Même si on ne retrouvait pas Judith, le procès a eu lieu. Le 14 avril 1679, Judith est condamnée à 10 ans d'exil de Montréal. Si elle ose revenir, des châtiments corporels l'attendent. Elle s'est donc établi à Louiseville pour reprendre le commerce de la traite avec ses fils et Joseph Petit dit Bruneau. À partir de ce moment, elle se fait appeler "Madame Rigaud'.

En 1685, elle est retournée en France et s'est mariée une nouvelle fois. Le 6 février 1686, c'est avec Louis Gillet Laplante qu'elle a uni sa destinée, probablement à St-Jean-d'Angély. Elle reviens avec lui en 1689 à Montréal. Son temps d'exil était terminé.

On dit, sans avoir de preuves, qu'elle est décédée à Montréal le 13 mai 1704.


Demain, l'avortement de Marie Anne Sigouin.


Sources:

PRDH
Fichier Origine
nosorigines.qc.ca
les7duquebec.com
la-genealogie-dherve.com
naviresnouvellefrance.net
Judith Rigaud: Has this Interesting New France Women Treates Fairly in Published Articles?; Suzanne Boivin Sommerville; Michigan Habitant Heritage, vol.34, #4, 2013