mardi 13 juin 2017

K comme Kelly, la captive irlandaise - Challenge AZ

K comme Marie Kelly

Marie Kelly est née en Irlande vers 1661. C'est difficile de la suivre jusqu'en Nouvelle-Angleterre et de retracer sa vie là-bas à cause de manque d'archives disponibles en ligne gratuitement. On sait par contre qu'elle s'est mariée avant 1694 avec Thomas Edmund, un natif de la Nouvelle-Angleterre qui a, lui aussi, une ascendance irlandaise.

Marie, son mari et sa fille Marie Marguerite seront capturés et envoyés à Québec en automne 1695. Le voyage avec un bébé dans les conditions difficiles de l'époque n'a pas dû être chose facile. Je crois même qu'ils aient eu de la chance que Marguerite survive. Le taux de décès des enfants âgés de moins de deux ans est quand même assez élevé. J'affirme cela suite mes propres observations dans la lecture de divers registres paroissiaux.

Le Séminaire de Québec a vraisemblablement aidé à leur intégration. Puisqu'ils sont irlandais, je crois qu'ils sont nés catholiques. Ce n'est pas prouvé, mais ça expliquerait l'aide apporté par le Séminaire. Thomas devient alors Jean Baptiste Emond. Encore, il n'existe pas beaucoup d'archives qui témoigne de leurs vies ici. La recherche d'informations sur ce couple est difficile!

Le couple à eu en tout quatre enfants. Les voici:

Marie Marguerite
            N: Vers 1694 dans les colonies anglaises
            M: 30 juin 1712 à Québec avec Jochaim Marec Lamontagne à Québec
            D: 16 août 1741 à Québec

Charles Jean
            N: 18 novembre 1695 à Québec
            S: 28 novembre 1695 à Québec

Marie Claude
            N: 10 février 1697 à Québec
            M: 20 janvier 1716 avec Jacques Cottard à Québec 
            D: 7 novembre 1739 à Québec

Jean Baptiste
            N: Vers 1699, lieu inconnu
            M: 8 août 1718 avec Marie Louise Marguerite Gibeau à Montréal
            D: Inconnu

On a ici un parfait exemple d'une famille qui a dû s'adapter, voir s'assimiler, pour survivre. La famille ne retournera jamais en Nouvelle-Angleterre s'ayant établit à Québec pour de bon. Jean Baptiste aura un emploi de cordier (fabricant de cordes).

Jean Baptiste est décédé le 24 février 1715 à Québec. Marie ne s'est pas remariée et est décédée le 26 juin 1741 à Québec. Sur son acte de décès, on l'a dit âgée de 90 ans. Un âge vénérable pour l'époque!

Demain, un texte sur Catherine Lefebvre, décédée foudroyée

Sources:
nosorigines.qc.ca
PRDH
genealogiequebec.com

lundi 12 juin 2017

J comme Joly, l'empoisonnée - Challenge AZ

Marie Jeanne Joly dite St-Onge

Marie Jeanne est baptisée le 15 février 1722 et sa mère se nommait Marie Josephe Sionnaux dite Dumoulin. Sur l'acte, elle se nomme Marie Jeanne Cionnot. C'est une petite fille née hors mariage. Ce genre de situation n'est pas si exceptionnelle. Au cours de mes recherches, j'ai souvent vu des actes de baptêmes d'illégitimes datant de cette époque. Il arrivait même qu'on y inscrive le nom du père! Dans le cas de Jeanne, l'acte de baptême ne précise pas le nom du père biologique.

Jeanne s'est mariée avec Pierre Tellier le 8 juin 1740 à Ste-Anne-de-la-Pérade. Sur l'acte de mariage, on inscrit que le père de Jeanne est Pierre Joly dit St-Onge. Jeanne à ce moment porte aussi le nom de famille de Joly.

Si on approfondit un peu les recherches, on découvre que Pierre Joly s'est marié avec Marie Josephe (la mère de Jeanne) le 27 novembre 1724. J'ai l'impression que Pierre est en réalité le père adoptif puisque deux ans s'était écoulé entre la naissance de Jeanne et le mariage de ses parents. Cependant, je n'ai pas de preuves et tout est possible...

Bref Jeanne s'est mariée avec Pierre Tellier et ils ont eu 10 enfants. Les voici:

Marie Josephe
            N: 2 novembre 1740 à Ste-Anne-de-la-Pérade (donc Jeanne était enceinte lors de son mariage)
            M: Avant 1764 avec Pierre Joubarne
            D: 13 juillet 1822 à Québec

Pierre
            N: 24 avril 1742 à Ste-Anne-de-la-Pérade
            D: Inconnu

Geneviève
            N: Vers 1748
            D: 17 juin 1810 à St-Cuthbert

Pierre Joseph
            N: 12 novembre 1749 à L'Ile-Dupas
            D: Inconnu

Joseph
            N: 6 janvier 1751 à Berthierville
            M: 30 janvier 1775 à St-Cuthbert avec Marie Josephe Rondeau
            D: Inconnu

Marie Madeleine
            N: 4 mai 1752 à Berthierville
            M: 30 janvier 1775 à St-Cuthbert (comme Joseph!) avec Alexis Boucher dit Barbel
            D: Inconnu

Marie Monique
            N: 18 décembre 1754 à L'Ile-Dupas
            D: Inconnu

Alexis
            N: 12 août 1757 à Berthierville
            M: 24 novembre 1783 à St-Cuthbert avec Anne Drappier dite Bellehumeur
            D: Inconnu

Pierre
            N: 14 juillet 1759 à Berthierville
            M: 15 février 1790 à St-Cuthbert avec Judith Léveillée
            D: Inconnu

Jean Baptiste
            N: 19 mai 1762 à L'Ile-Dupas
            D: Inconnu

Charlotte
            N: 21 juin 1765 à L'Ile-Dupas
            D: 22 avril 1790 à St-Cuthbert

Comme Charlotte, Jeanne est aussi décédée le 22 avril avril 1790. Sur l'acte de sépulture on peut lire ceci (attention, le prêtre la nomme Marie Anne!):

"le vingt deux avril mil sept cent quatre vingt dix par moi prêtre soussigné a été inhumé le corps de Marie Anne Joly agée de soixante neuf ans femme de pierre tellier morte de poison qu'elle avoit pris par mégarde visite faite du dit corps par Ms Destrampes chirurgien en presence de Louïs Padnet Capitaine, modeste doucet jean baptiste no et autres. étoit présents à L'inhumation Pierre Durant Louïs robert et plusieurs autres.
Dorimier ptre'

Pour celui de Charlotte, il inscrit:

"le vingt deux avril mil sept cent quatre vingt dix par moi prêtre soussigné a été inhumé le corps de Charlotte Tellier fille de pierre tellier et deffunte marie anne joly, agée de vingt cinq ans morte de poison qu'elle avoit pris sans le connoitre visite faite du dit corps par Ms Destrampes chirurgien en presence de Louïs Padnet Capitaine, modeste doucet jean baptiste no et autres. étoit présents à L'inhumation Pierre Durant Louïs robert et plusieurs autres.
Dorimier ptre'

Pour être ensuite suivi de ceci:

"le vingt deux avril mil sept cent quatre vingt dix par moi prêtre soussigné a été inhumé le corps de Magdeleine née de parents inconnus agée de douze ans  morte de poison qu'elle avoit pris sans le connoitre visite faite du dit corps par Ms Destrampes chirurgien en presence de Louïs Padnet Capitaine, modeste doucet jean baptiste no et autres. étoit présents à L'inhumation Pierre Durant Louïs robert et plusieurs autres.
Dorimier ptre'

Donc, trois femmes ont pris un poison par mégarde. Je me demande bien ce qu'elle croyait prendre... Un fortifiant? Une boisson?

On remarque aussi que Magdeleine n'avait pas de nom de famille et qu'elle était une domestique. Or, les captives anglaises et amérindiennes étaient souvent utilisées comme esclaves... En était-elle une? En tout cas, elle n'est pas dans le dictionnaire des esclaves et de leurs propriétaires que Marcel Trudel a publié... Un doute subsiste quand même.

Demain, C'est le tour de Mary Kelly, la captive irlandaise

Sources:
PRDH
genealogiequebec.com
Deux siècles d'esclavage au Québec; Marcel Trudel et al.; Cahiers du Québec; 2004 (comprend un dictionnaire sur un cd)
Morts tragiques et violentes au Canada: 17e et 18e siècles, tome 1; Les Publications Audiovisuelles; Léonard Bouchard; 1982, p.272-273











samedi 10 juin 2017

I comme Irwin, la religieuse - Challenge AZ

Marie Irwin, la religieuse

Bien sûr, Marie n'a pas eu d'enfants, mais les femmes et les hommes d'église ont eu un rôle prédominant dans le développement de la nouvelle colonie. Les conversions religieuses ont permis d'augmenter le nombre de sujets du roi de France (du moins les supporteurs, je ne suis pas sûre que les autochtones comprenaient bien le concept de sujet du roi puisque ce n'était pas dans leur culture... ce serait une bonne idée pour une recherche future). Ainsi, le roi possédait plus de citoyens pour occuper le territoire et prospérer. De plus, ces femmes et ces hommes de religion ont contribué de façon significative à l'enseignement et aux soins de santé prodigués aux colons. Voilà pourquoi j'ai choisi de faire la biographie d'une religieuse.

Vous l'avez deviné, Marie n'est pas française d'origine. Elle est fort probablement née en écosse, d'une famille noble, mais ce qui est sûr, c'est qu' elle est catholique. C'est pour cette raison qu'elle s'était réfugiée avec le reste de sa famille en France. À cette époque, l'identité religieuse avait son importance et faire part de la minorité était difficile. Rappelons que la religion prédominante chez les anglais était le protestantisme.

Elle a donc pris contact avec la Congrégation hospitalière de Dieppe et ce sont ces religieuses qui ont envoyé Marie à Québec pour prononcer ses vœux. Elle est restée pensionnaire de l'Hôtel-Dieu environ un an. Mais elle avait seize ans et avait le mal du pays. Il n'y a pas beaucoup de visites (quelques religieux et quelques autochtones) et pas beaucoup de distractions. Les autres religieuses ont essayé de la distraire avec des conversations et des longues marches, mais elle voulait toujours revenir en France. Elle est donc repartie à Dieppe pour prononcer ses vœux.

En 1657, elle retourne "selon son bon plaisir' à l'Hôtel-Dieu de Québec. Peut-être a-t-elle été influencée? L'a-t-on fortement suggéré de revenir en Nouvelle-France? Il parait que celles qui devaient avoir la vocation et qui revenaient de la colonie n'étaient pas bien vu... Mais ce n'est que des suppositions, ce qui est sûr, c'est son retour en 1657.

Elle se nommait alors Marie de la Conception et travaillait à l'hôpital et c'était une bonne travailleuse. Elle a réussi à faire sa place à l'Hôtel-Dieu et il n'y a plus eu des questions sur un éventuel retour en France. Le 6 novembre 1687, elle est tombée gravement malade. Elle est décédée 8 jours plus tard.

Complément d'infos:
L'Hôtel-Dieu à été fondé en 1637 par la Duchesse d'Aiguillon et les Augustines hospitalières de Dieppe, aussi appelées Filles de la Miséricorde. L'hôpital a ouvert ses portes en 1639 et avait pour missions de soigner les amérindiens. Cependant, l'hôpital est rapidement devenu un hôpital civil et militaire.

Demain, C'est le tour de Marie Jeanne Joly, une illégitime décédée accidentellement.

Sources:
naviresnouvellefrance.net
biographi.ca
electricscotland.com
La croix et le scalpel 1639-1892; François Rousseau ; Éditions du Septentrion; p.52
Maids (and) Matrons of New France; Mary Sifton Pepper; Little, Brown and comp.; 1901; p.141-145











vendredi 9 juin 2017

H comme Hatanville, la femme au quatre maris - Challenge AZ

H comme Marie Hatanville

Marie est la fille de Vincent Hatanville et Marguerite Duval. Elle est née à Paris vers 1646. Elle est devenue Fille du Roy et elle a fait la traversée sur le St-Jean-Baptiste comme plusieures autres d'entres elles. Elle est arrivée à Québec en septembre 1669 avec des biens estimées à 400 livres et un don de 50 livres du roi.

On ne perds pas de temps pour marier les Filles du Roy, Marie s'est mariée le 15 octobre 1669 à Québec avec Robert Senat, un domestique travaillant pour les jésuites. Le couple s'installe à Neuville et Marie met au monde 1 enfant, Antoine. Celui-ci a été baptisé le 3 août 1670 à Sillery, mais on perd sa trace ensuite. On ne sait pas s'il s'est marié et la date de son décès. Malheureusement, 1670 est aussi l'année de décès de Robert. Par contre, il semble être encore vivant au baptême de son fils.

Elle ne perd pas de temps, une veuve avec un enfant n'a pas la vie facile dans une colonie toute neuve. Elle marie donc Jean Fauconnet dit Lafleur, un soldat du régiment de Carignan-Salières, le 20 janvier 1671 à Québec. Le foyer familial reste à Neuville et cette fois, le couple ont pu avoir 6 enfants. Les voici:

Charles
            N: 12 décembre 1671 à Québec
            D: 4 septembre 1717 à Québec

Michel
            N: 26 mai 1673
            D: Inconnu

Geneviève
            N: 14 octobre 1675 à Sillery
            D: Inconnu

Marie Marguerite
            N: 2 février 1678 à Québec
            M: 29 avril 1696 à Boucherville avec Jean Chauvin
            D: 9 février 1697 à Boucherville

Jean
            N: 26 février 1680 à Neuville
            D: Inconnu

François
           N: 6 novembre 1681 à Québec
           D: 17 janvier 1737 à Québec

Ensuite, Marie se retrouve encore seule, par contre, Jean était encore vivant au baptême de François. 

En 1683, elle se marie pour une troisième fois avec Charles Martin, le 6 octobre 1683 à Boucherville. Pour le matelot devenu habitant, ce sont des deuxièmes noces. Ensemble ils ont on fils, Léger, né le 12 avril 1684 Boucherville. Celui-ci s'est marié le 28 novembre 1711 à Boucherville avec Marie Richard dite Dusablon et a eu sa sépulture le 30 novembre 1752 à Boucherville. Malheureusement, tout semble indiquer que Charles était déjà décédé lors du baptême de Léger.

Marie signe donc un nouveau contrat de mariage le 21 janvier 1686. Cette fois, elle devait marier Claude Bourgeois. Le contrat sera rapidement annulé puisque le 25 février 1686, Marie s'est unie avec un veuf, François César dit La Gardelette. Il était, lui aussi, un soldat du régiment Carignan-Salières. Le couple s'est établit à Boucherville, mais n'ont pas eu d'enfants. François a eu sa sépulture le 15 mars 1723 à Boucherville.

Marie s'éteint peu de temps après. Elle a eu sa sépulture le 28 avril 1723 à Boucherville. Marie avait rempli sa mission de Fille du Roy.

Demain, nous parlerons de Marie Irwin, la religieuse.

Sources: 
PRDH
Fichier Origines
naviresnouvellefrance.net
genealogiequebec.com

jeudi 8 juin 2017

G comme Guichelin, la prostituée - Challenge AZ

Catherine Guichelin, la prostituée.

Catherine Guichelin (ou Guisselin) est née vers 1653 dans la ville de Laon du couple formé par Louis Guichelin et Antoinette Lahaye. Elle était une Fille du Roy et elle serait arrivée en septembre 1669 à Québec. Elle aurait fait le voyage à bord du St-Jean-Baptiste.

Elle s’est d’abord mariée avec Nicolas Buteau. Elle a signée un contrat de mariage devant le notaire Pierre Duquet le 23 octobre 1669 à Sillery. C’est la date que plusieurs utilisent pour son mariage. En fait, nous ne savons pas où le mariage à eu lieu puisqu’on ne retrouve pas l’acte.


Le couple a eu deux enfants :

Isabelle Ursule
            Naissance: 1 janvier 1671 à Sillery
            Décès: Inconnu

Antoine
            Naissance: 23 février 1673 à Québec
            Mariage: Avec Anne Cloutier vers 1697 dans un lieu inconnu
            Sépulture: 18 avril 1736

L'année de la naissance d'Antoine, Nicolas retourne en France. À partir de ce moment, Catherine n'a plus eu des nouvelle de son époux. On pense qu'il serait mort en France vers 1697.

Catherine se retrouve donc seule avec ses deux enfants. Selon une théorie répandue, ce serait à ce moment que Catherine aurait commencé à vendre son corps...

Le 5 août 1675, on l'arrête pour prostitution. Elle avoue louée ses services devant le Conseil souverain qui la condamne au bannissement de la ville de Québec jusqu'à ce que son mari soit de retour. Ça cause problème puisqu'elle est sans nouvelles de lui. Le Conseil ajoute que si elle revient, le fouet l'attends. Malheureusement, les témoignages du procès ont disparus et on ne saura jamais les vraies raisons qui ont poussées Catherine à se prostituer.

Malgré la condamnation, Catherine semble continuer ses activités puisqu'elle met au monde des enfants illégitime entre 1677 et 1708.

Le premier de ses illégitimes s'appelle Pierre Buteau. Il est baptisé le 10 janvier 1677... à Québec! Je me demande si elle vraiment partie lors de son bannissement. Si elle est vraiment partie, celui-ci n'a pas duré longtemps! En tout cas, Pierre est né hors mariage. Un acte du notaire Chambalon daté du 2 avril 1695 indique que le père de Pierre se nomme Guillaume Bonhomme. Elle lui a quand même donné le nom de Buteau, celui de son premier mari.

Pierre s'est marié le 31 juillet 1703 à Québec avec Isabelle Chevaudier. La date de son décès reste inconnue, mais on croit qu'il est décédé ailleurs qu'au Québec.

Ensuite est né Jean François Turbot le 12 juin 1679 à Québec. Cette fois, Catherine lui donne le nom de famille du père biologique, François Turbot. On sait pas sa date décès si il s'est marié.

Après ces deux accouchements, Catherine signe un contrat de mariage avec François Pagé. Cependant, le mariage sera annulé et on ne sait pas pourquoi.

Le 30 novembre 1681, à Sorel, Catherine donne naissance à Marie Vacher Lacerte. Son père naturel est Jean Guy Vacher Lacerte, marié avec Marguerite Benoit. Marie va se marier le 3 février 1713 à Montréal avec Jacques Labossée. Elle est décédée à Montréal le 21 février 1727.

Un autre enfant hors mariage nait le 22 juin 1686 à Contrecoeur, c'est Marie Jeanne Buteau. On ne sait sait pas le nom du père naturel ni ce qui est advenu de Jeanne. Par contre, on remarque qu'elle lui a donné le nom de Nicolas...

Enfin, sa dernière illégitime. Elle s'appelle Marie-Agathe Buteau et elle est née le 18 septembre 1688 à Neuville. Agathe s'est mariée avec François Judic le 15 mai 1706 à Québec. Elle a eu sa sépulture le 18 avril 1766 à Montréal.

Le 22 mai 1703, Catherine signe une nouvelle fois un contrat de mariage devant le notaire Chambalon. Elle devait marier François Olivier, veuf de Geneviève Salois. Un autre contrat qui a été annulé.

Elle fini par se remarier le 16 avril 1708 à Montréal avec Charles Fissiau dit St-Germain, un soldat de la compagnie de Lormier. Ils ont établi leur ménage à Pointe-aux-Trembles, mais n'ont pas eu d'enfants. Charles a eu sa sépulture le 18 novembre 1715 à Montréal

Le 16 février 1716, Catherine mari son troisième et dernier mari. Il se nomme Jean Roy, veuf de Jeanne Malteau. Jean est décédé à l'Hôtel-Dieu de Montréal et est inhumé le 14 avril 1719. Encore, le couple n'a pas eu d'enfants.

Catherine restera veuve jusqu'à son décès le 6 décembre 1733 à St-Joachim.

Demain, Marie Hatanville, la femme au quatre maris.


Sources:
PRDH
naviresnouvellefrance.net
migrations.fr
Un corps en désordre: la prostituée dans l'Atlantique français, Cahiers d'histoire,
vol.32, numéro 1, été, 2013, p. 57 à 76

mercredi 7 juin 2017

F comme Fro, la quasi centenaire - Challenge AZ

Louise Fro

Elle est née à Paris du couple Michel Fro et Barbe Bonneval. Son nom de famille est écrit de plusieurs façon à travers les registres : Fro, Frost, Faust, Froc…

On croit que sa date de naissance serait vers 1654. Cependant, au recensement de 1681, on indique qu’elle a 32 ans, ce qui nous mène à 1649 comme année de naissance.

Bien que tout indique que Louise ait été Fille du Roy, on ne s’accorde pas sur la date de son arrivée. Certains croient qu’elle est arrivée le 31 juillet 1670 à bord du vaisseau La Nouvelle France. D’autres croient que c’est plutôt vers la fin août sur le St-Jean-Baptiste. On supposse qu’elle a apporté des biens d’une valeur de 200 livres et un don du roi de 50 livres.

Le 31 août 1670 à Québec, elle signe son contrat de mariage avec Julien Meunier dit Laframboise. Le couple se mariera le 9 septembre de la même année. La famille s’établira ensuite à l’Ange-Gardien. On dit que Julien est habitant, il est donc agriculteur.

Lorsqu’on navigue sur le web, on peut voir que les généalogistes estiment le nombre d’enfants du couple a 11 ou 12. Cependant, le PRDH en recense 12. Je vais me fier à cette source qui est plus sûre, puisque c’est le résultat de recherches de l’Université de Montréal. Voilà leur noms :

Marie Madeleine
          Naissance : 21 novembre 1671 à Sillery
          Mariage : avec Etienne Bouchard le 20 octobre 1692 à Québec
          Décès : 24 décembre 1747 à Rivière-Ouelle

Pierre
          Naissance : Vers août 1673, lieu indéterminé
          Décès : 5 mars 1703, Hôtel-Dieu de Québec

Marie Françoise
          Naissance : 18 mai 1676 à Québec
          Mariage : avec Simon (ou Siméon) Morin le 31 octobre 1696 à l’Ancienne-Lorette
          Décès : 20 janvier 1703 à Charlesbourg

Marie Louise
          Naissance : 31 août 1678 à Sillery
          Mariage : avec Michel Pénin Fontaine (ou Lafontaine) le 22 septembre 1704 à Montréal
          Décès : 6 décembre 1745 à Beaumont

Marguerite
          Naissance : 2 mars 1681 à L’Ancienne-Lorette
          Mariage : avec Jean Bergevin Langevin le 28 février 1702 à Beauport
          Décès : 22 décembre 1702 à Charlesbourg

Marie Charlotte
          Naissance : 11 janvier 1683 à Québec
          Décès : 4 février 1703 à Québec

Pierre Jacques
          Naissance : 23 février 1685 à L’Ancienne-Lorette
          Décès : 31 décembre 1702 à Québec

Marie Charlotte
          Naissance : Vers 1688, lieu indéterminé
          Mariage : avecPhilippe Caselier le 3 mai 1706 à Québec
          Décès : 24 juin 1747 à Québec

Marie Françoise
          Naissance : 10 août 1691 à Québec
          Mariage : avec François Traversy le 16 août 1712 à Québec
          Décès : 15 février 1771 à Québec

Pierre
          Naissance : 27 août 1693 à Québec
          Décès : 10 avril 1695

Marie-Anne
          Naissance : 13 novembre 1697 à Québec
          Décès : Inconnu

Louis Julien
          Naissance : 2 juin 1700 à Québec
          Décès : Inconnu

Faits à remarquer :
1- Il n’y a que des filles qui se sont mariée
2- Les prénoms de Charlotte, Françoise et Pierre se répètent 2 fois chacun!


On croit que Louise est décédée le 3 février 1746 à l’Hôpital Général de Québec. Sur l’acte de sépulture, il est juste indiqué "Framboise, la bonne femme". Pas d’autres noms. On indique aussi son grand âge. Le prêtre a en effet inscrit qu’elle avait 100 ans! Si elle est née en 1654, elle aurait eu 92 ans. Si elle est plutôt née en 1649, elle aurait eu 97 ans! La dame n’était donc vraiment pas loin d’être une centenaire!


Demain, nous parlerons de Catherine Guisselin, la prostituée

Sources:
naviresnouvellefrance.net
www.migrations.fr
www.wikitree.com
PRDH

mardi 6 juin 2017

E comme Emond, la travestie - Challenge AZ

Anne Emond


Anne Émond est née le 27 juillet 1679 à l’Ile d’Orléans. Ses parents sont René et Marie Lafaille.

Anne est quelqu’un qui a beaucoup fait parler d’elle à son époque. En effet, elle n’était agée que de 16 ans lorsqu’elle s’est fait arrêter pour s’être travestie en homme et avoir rependu de fausses rumeurs. Un grand scandale qui fait écho jusqu’en France.

Voici l'histoire. Ensuite, je vous dirais pourquoi elle a agi ainsi.

Elle est partie de chez elle sans que ses parents en ait conscience, habillée avec les vêtements de son frère René, qui soit dit en passant, ne savait rien puisqu’il était à Ste-Famille pour une revue militaire. Jean Bouchard dit Dorval l’a emmené par canot à Québec, sans s'apercevoir qu’elle était une femme.

À partir de son arrivée à Québec, elle fait partir la machine à rumeurs. Elle dit à qui veut bien l’entendre venir de Boston où il (elle) a passé 2 à 3 ans emprisonné à Boston. Il avait réussi à s’enfuir. Sur le chemin, il a découvert que 11 000 hommes se préparaient à venir attaquer les français, avec leur 32 bateaux. Il en a même vu 4 à Tadoussac! Ses mensonges s’enveniment. Il aurait vu d’Iberville se faire prendre par les anglais, puis se faire brûler par eux. Il aurait même dû être obligé de participer à l’exécution! Il a ajouté que, dans le groupe de 11 000 hommes, il y avait environ 300 français qui étaient avec d’Iberville auparavant, mais qu’ils avaient joins les anglais pour faire brûler les côtes de la colonie française. Ensuite, il a affirmé avoir vu les 34 navires embarquer de la poudre pendant 4 jours.

Après avoir raconté son histoire à qui voulait l'entendre, elle a demandé audience au Gouverneur Général. Elle demande à manger et quelqu’un découvre sa vrai nature. Lorsqu’elle passe la porte du cabinet du gouverneur avec le Sieur Galiffet et le Sieur Monseignat, on entends quelqu’un clamer que c’est une femme. Bien sûr, elle tente de se défendre. Alors Monseignat lui demanda de le prouver en se laissant « voir ». Voilà, elle venait de se faire prendre.

Les interrogatoires qui s’en sont suivi peuvent être dur à suivre. Elle a encore recours au mensonge. Elle a affirmé qu’un certain Joseph Gaulin lui a demandé de se travestir et de répandre la rumeur. Ainsi, le gouverneur serait occupé avec les anglais et empêcherait une éventuelle guerre avec les iroquois. Gaulin la persuade en affirmant que si la guerre était annulée, il aurait la vie sauf, ainsi que celle d’amis et du frère d’Anne, René.

Lors de son interrogation, elle a affirmé que Robert Gaulin, Jean Laviolette et son frère René sont dans le coup eux aussi. René se défend, il n’était pas là quand les dites conversations entre les quatre hommes et Anne avaient supposément eu lieu. Il était en revue militaire à Ste-Famille. Un alibi solide pour René. En plus, il a affirmé vouloir se battre.

Au début, elle disait avoir fait ça pour son frère et qu’elle n’aimait pas particulièrement Joseph. Quand René est venu témoigné, il a affirmé le contraire. Anne a dit que Gaulin l’avait demandé en mariage à lui et ses parents. Comme Gaulin n’avait pas parlé du projet à René et aux parents d’Anne, sa famille ne l'a pas cru. Elle a ensuite dit que Gaulin lui avait donné des gages. Quand son père a voulu savoir ce qu’étaient les gages, elle a refusée de répondre. Son père l’aurait puni et elle se serait enfuie dans la soirée pour être retrouvée le lendemain à un quart de lieu de chez elle, chez un nommé Martineau.

Voilà, maintenant on savait qu’elle avait fait tout ça pour éviter que son prétendu fiancé ne parte en guerre. On peut supposer que Gaulin ait manipuler Anne en lui disant vouloir la marier pour mettre son plan de femme travestie à exécution. Gaulin, lui, ne voulait pas se battre.

Cela étant, Anne à été accusée d’avoir porté des vêtements d’homme et avoir troublé la paix publique en colportant des fausses rumeurs. Comme punition, elle est aller dans toutes les rues de Québec et s'est arrêté aux lieux et carrefours désignés habituellement pour rendre justice. À ces arrêts, elle a été battue et fouettée. Ensuite elle a été renvoyée en prison en attendant que ses parents viennent la chercher.

Ses parents l'ont ramener chez elle, à l’Ile d’Orléans avec l'obligation de la surveiller et veiller mieux à sa conduite. Anne a dû aussi payer 25 livres en amende au roi. Les vêtements ont été vendus à l’encan et l’argent est aller aux pauvres de l’Hôpital-Général.

Il semble qu’elle ne se soit pas assagit puisqu’elle mettra au monde un enfant illigitime qu’elle nommera Charles, le 19 juin 1704 à St-François, Ile-d’Orléans. On ne sait pas trop ce qui est advenu de cet enfant.

Elle trouvera quand même un mari, François Bretonnet Montargis, qu’elle épousera le 20 avril 1706 à Ste-Famille. Voici ses enfants :

Marie Joseph
          Naissance : 29 janvier 1707 à St-François
          Décès : Inconnu

Jean Baptiste
          Naissance : 10 novembre 1708 à Québec
          Décès : 5 juillet 1714 à Québec

Marie Madeleine
          Naissance : 30 septembre 1710 à Québec
          Décès : Inconnu

Marguerite
          Naissance : 6 avril 1713 à Québec
          Décès : 13 juillet 1714 à Québec

François Martin
          Naissance : 6 avril 1713 à Québec
          Décès 20 juillet 1714 à Québec

Vous avez vu? Les trois seules dates de décès que nous avons sont en 1714. C’est que cette année-là, il y a eu une épidémie de rougeole qui a fait pas loin de 300 morts. On peut supposer que ces enfants ont été victime de la maladie.

Je ne sais pas à quelle date Anne est décédée. Je ne sais pas non plus si elle a eu une sépulture au Québec, certains croient qu'elle n'était plus dans la colonie. 

Demain, ce sera au tour de Louise Fro, la femme presque centenaire


Sources:

Procès et témoignages originaux

Transcription du procès dans le Bulletin de recherches historiques, vol.10, 1909, p. 195 à 211 et 229 à 243